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Australie : les fruits et légumes en manque de main-d’œuvre

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L’impact économique de la pénurie de main-d’œuvre en Australie dans le secteur des fruits et légumes s’élève à plus de 24 millions d’euros, selon une enquête professionnelle. Face aux effets prolongés de la pandémie de Covid-19, les opérateurs proposent plusieurs pistes pour sécuriser la main-d’œuvre à court et long terme.

En Australie, les pertes de récoltes en fruits et légumes liées au manque de main-d’œuvre ont dépassé les 38 millions de dollars australiens (AUD) (environ 24 M€), selon un communiqué de Growcom le 8 janvier. Cette organisation, qui représente les intérêts des filières fruits et légumes dans l’État du Queensland (nord-est de l’Australie), a lancé à la mi-décembre un registre national des pertes pour évaluer l’impact économique de la pénurie de main-d’œuvre (National Lost Crop Register). « Cinquante-cinq producteurs de cinq États et territoires différents » ont déjà répondu anonymement à l’enquête en ligne. Parmi eux, deux ont déclaré « des pertes de plus de 10 MAUD (environ 6 M€) ». D’après les données recueillies, les pertes de récolte concernent notamment la production de petits fruits rouges, tomates, carottes, agrumes, bananes, potirons, piments et légumes verts feuillus, liste le communiqué.

Nouveau visa saisonnier

« Nous pensons que ce qui a été signalé jusqu’à présent n’est que le sommet de l’iceberg. De plus en plus de personnes apprennent l’existence du registre et il est toujours difficile de trouver de la main-d’œuvre, les pertes enregistrées ne peuvent donc qu’augmenter », a déclaré le directeur de Growcom Richard Shannon cité dans le communiqué. À titre d’exemple, l’entreprise Fresh Produce Group spécialisée dans la culture de myrtilles, estime avoir perdu près de 3 MAUD (environ 1,9 M€). Malgré les efforts réalisés pour trouver des saisonniers, il a manqué 150 salariés durant le gros de la saison, ce qui a contraint l’entreprise à sacrifier une vingtaine d’hectares, rapporte le communiqué. Une autre entreprise spécialisée en culture de litchi, Pinnacle Hill Lychees, « a seulement pu recruter deux saisonniers […], alors qu’elle embauche normalement plus de vingt touristes cueilleurs et douze travailleurs contractuels ».

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Au-delà du manque de saisonniers disponibles en raison de la pandémie de coronavirus, les producteurs australiens doivent composer avec des restrictions et mesures de quarantaine différentes selon les territoires, ce qui provoque des difficultés de circulation. « La priorité doit être d’augmenter notre capacité d’accueil des travailleurs originaires de Polynésie et du Timor oriental pour qu’ils puissent entrer en Australie dans des conditions sûres », assène Growcom. L’organisation propose aussi de créer une « nouvelle catégorie de visa » répondant aux besoins saisonniers de récolte, afin de « réduire la dépendance » de l’Australie aux touristes cueilleurs.

« Seulement le sommet de l’iceberg »