En ces jours de doute pour la vieille Europe, le SIAL qui vient de se tenir en Chine nous rappelle à bon escient que l’espace économique n’est plus borné aux 15 ni aux 25. Les exposants français à Shangaï n’ont certes pas été les seuls à découvrir que le marché chinois devient bien le débouché le plus prometteur pour l’industrie agroalimentaire, au point que les organisateurs du salon ont prévu d’en accueillir 25% de plus lorsqu’ils rééditeront l’opération dans un an.
La France, seulement 12e fournisseur agroalimentaire de la Chine, a du chemin à faire pour rendre ses produits accessibles aux 250 millions de consommateurs les mieux lotis de ce pays. Et encore faut-il avoir fait sa place à temps, avant les contrefacteurs qui sont légion.
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Ce qu’il ne faudrait surtout pas, c’est que le contentieux qui a surgi sur le dossier des importations textiles compromette ces courants d’échange naissants. Le piège, en fait, est tendu à Bruxelles, qui est déjà pris à partie par ceux qui voient dans le drame du textile un avant-goût de ce qui se prépare sur le sucre.
« La liberté d’importation des sucres des 50 pays les moins avancés sans aucun contrôle quantitatif va semer la perturbation sur le marché communautaire et précipiter la chute des prix européens comme nous en avons la triste illustration dans le secteur des textiles », s’écrient betteraviers et fabricants de sucre européens. La Commission, qui pense « freiner les ardeurs » de ces pays par une très forte baisse des prix européens, « oublie simplement, selon eux, ou ne veut pas voir, que le SWAP, c’est à dire le commerce triangulaire, et la fluctuation des monnaies conduiront les commerçants internationaux à mettre son plan en échec ». Déchirant, non ?