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FNPF Avant l'été, les producteurs ne veulent plus des prix imposés par la distribution

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Les associations spécialisées de la FNSEA n'en finissent plus de pester contre les prix pratiqués par les enseignes de grande distribution. Ils incitent à des actions auprès des distributeurs.

LE vocabulaire est fort : « guerre des prix, « chair à canon », « champ de bataille ». Les producteurs de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF) et de Légumes de France s'indignent de la « guerre des prix » menée entre les différentes enseignes de la grande distribution, dans un communiqué commun du 7 avril. « Les légumes et les fruits sont le champ de bataille de cette guerre sans pitié (…) Il ne s'agit ni de vendre plus de légumes, ni de vendre plus de fruits, ni de répondre aux attentes des consommateurs, ou de leur faire plaisir. » Les deux associations spécialisées de la FNSEA appellent les producteurs à réagir : « Veillez et soyez vigilants ! Dénoncez les promotions abusives ! Faites entendre raison aux distributeurs ! ». Légumes de France avait déjà prévenu mi-mars que des actions dans la grande distribution seraient prévues si les produits continuaient d'être dévalorisés ainsi.

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La même semaine où les producteurs exprimaient leur colère, se déroulait le forum Végétable à Paris (le 8 avril). L'occasion pour les distributeurs d'exprimer leur vision du rayon fruits et légumes frais. Aurélie Menenteau, responsable qualité produits U pôle frais, expliquait que l'objectif de l'enseigne était de communiquer sur les prix différemment en expliquant que « derrière un prix il y a des entreprises : un magasin, des intermédiaires et des fournisseurs. » Système U s'engage d'ailleurs pour trois ans avec ses fournisseurs de fruits et légumes : « Cela nous oblige à comprendre les filières, les enjeux, les contraintes », continue Aurélie Menenteau. Marc-Henri Blarel, responsable achats fruits et légumes chez Auchan, a souligné qu'il existait « un problème de continuité dans le discours selon la taille de l'intermédiaire. ». Ainsi, il compare Nestlé et l'Interprofession des fruits et légumes frais (Interfel). Quand le premier a un budget de 600 millions d'euros de communication « pour toucher le consommateur », le second n'a qu'un million d'euros. Une différence qui peut aussi influer sur le choix du consommateur qui ne comprend pas toujours pourquoi il doit payer un produit plus cher pour assurer une meilleure continuité du côté des préoccupations sociales, environnementales et économiques. Pour Benjamin Enault du cabinet Utopies, les consommateurs prennent de plus en plus en compte les conditions sociales dans l'alimentation, notamment quand ils achètent des fruits et légumes : « Par exemple, quand les clients choisissent des produits espagnols, bien souvent ils sont au courant que les salaires, les conditions de travail, etc. ne sont pas les mêmes qu'en France. »