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Avec Banquiz, Jérôme Fourest parie sur l’épicerie itinérante

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Banquiz, avec sa flotte de camions de produits surgelés et d’épicerie en zone rurale, va connaître une nouvelle étape de son développement après son acquisition par Jérôme Fourest. Objectif : recruter plus de clients, étoffer l’offre de produits locaux et s’étendre au-delà du Grand Massif central.

C’est une nouvelle aventure professionnelle dans laquelle se lance Jérôme Fourest : la reprise de la société Primogel (enseigne Banquiz). Après quelques années à la tête de Comtesse du Barry (Maïsadour), il est désormais actionnaire majoritaire de la société basée près de Rodez. Pour cette acquisition, il est accompagné par trois fonds : Grand Sud-Ouest Capital (Crédit Agricole), Nord Midi-Pyrénées Développement (Crédit Agricole de l’Aveyron) et Multicroissance (Banque Populaire Occitanie). La transaction, dont le montant n’est pas dévoilé, se fait auprès des deux actionnaires, Patrick Saurel et Jean-Pierre Lavergne, qui étaient conseillés par Sodica Corporate Finance.

En prenant les rênes de Banquiz, Jérôme Fourest fait le pari que le magasin alimentaire itinérant a de l’avenir. « Je suis persuadé que proposer des surgelés et des produits d’épicerie en zone rurale a beaucoup d’avenir pour peu qu’on y apporte plusieurs innovations », explique le nouveau p.-d.g. de l’entreprise. Aujourd’hui, Banquiz réalise 8,3 millions d’euros de chiffre d’affaires (2021) et présente un bilan bénéficiaire, à plus forte raison depuis les deux dernières années, favorables à la consommation à domicile.

Sans dévoiler d’objectifs chiffrés pour les années à venir, Jérôme Fourest entend actionner plusieurs leviers pour développer l’entreprise. « Je vais étoffer l’offre de produits d’épicerie locaux, qui va compléter encore davantage l’offre de surgelés qui est aujourd’hui très dominante », explique-t-il. Les produits secs ont l’avantage d’être plus faciles à distribuer que le frais, et cette offre ne vient pas concurrencer les commerces de bouche indépendants qui peuvent exister dans les zones rurales. Ce sont en outre des produits que les clients apprécient, et qu’ils peuvent stocker comme il est habituel de le faire à la campagne.

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Nouvelles zones, nouveaux clients

Jérôme Fourest va aussi jouer sur d’autres points : augmenter le nombre de clients touchés par tournée (cinquante clients actuellement) en les recrutant par le porte-à-porte et en étendant les horaires de livraison, se doter de camions ayant une capacité supérieure, varier la gamme de produits et organiser des actions commerciales autour des produits régionaux et en grands contenants, et même étendre l’aire d’action des tournées qui pourraient toucher des zones nouvelles, y compris en périphéries des agglomérations.

Tous ces projets vont nécessiter le recrutement de nouveaux commerciaux, qui soient aussi livreurs et conducteurs de poids lourds, de référencer des fabricants de produits régionaux, et d’étoffer les équipes du siège. Car Jérôme Fourest en est persuadé : il existe un réel potentiel dans les campagnes françaises, dont les habitants sont éloignés des grandes surfaces mais qui veulent trouver des produits du quotidien, locaux si possible, sans être obligés de passer par la commande en ligne. En effet, chaque client est libre de réserver ses produits ou tout simplement de les acheter directement lorsque le camion se présente chez lui.

« Je vais étoffer l’offre de produits d’épicerie locaux, qui va compléter encore davantage l’offre de surgelés qui est aujourd’hui très dominante »