Deux récoltes généreuses ont permis au vin de Bourgogne de reconstituer ses stocks en 2023, ralentissant la chute des ventes en grande distribution, indique l’interprofession.
« Enfin, après de nombreuses années de déficit, nous allons avoir suffisamment de vin pour approvisionner les marchés », s’est réjoui le président de l’interprofession (BIVB) Laurent Delaunay, en conférence de presse le 20 mars. Le vignoble affiche une récolte de 1,9 Mhl (+9 %) l’an dernier. Conséquence en début de campagne, le disponible à la propriété est en hausse de 12 % par rapport à la moyenne quinquennale. De quoi envisager « des prix peut-être un tout petit peu plus raisonnables », d’après lui. Les stocks s’étaient dangereusement effondrés avec la succession de maigres vendanges, et en particulier celles de 2021 : le gel tardif qui avait décimé la vigne avait fait chuter la production juste sous la barre du million d’hectolitres. « Le déficit chronique est en train de s’arranger », a estimé M. Delaunay.
La rareté connue ces derniers temps, couplée à une demande restée, elle, très soutenue, avait provoqué une hausse généralisée des prix des bourgognes. De 2017 à 2022, le prix moyen des bourgognes a bondi de 145 % (de 157 à 384 euros) sur iDealwine, leader des enchères en ligne de vin. Sur la seule année 2022, le prix moyen d’un bourgogne a pris un euro par rapport à 2021, à 9,46 €, selon le BIVB. Le très abondant millésime 2022 avait permis d’augmenter les stocks de trois mois, mais les vignerons attendaient avec hâte une nouvelle récolte abondante pour poursuivre le mouvement. « Oui, les prix vont baisser », a prédit le président délégué François Labet.
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Une consommation « plus occasionnelle »
Ce facteur prix pèse sur les ventes en GMS, même si l’interprofession explique leur recul par « une consommation de vin plus occasionnelle ». En 2022, le bourgogne a perdu dans ce circuit 24,8 % en volume, 14 % en valeur. Une chute des achats qui s’est atténuée en 2023, avec des baisses respectives de 9 % et 2 %. Quelques vins blancs ont déjà retrouvé le chemin de la croissance, notamment l’AOC chablis (+10,4 % en volume, +15,7 % en valeur). « Le retour sur ce marché de la grande distribution sera difficile compte tenu des nouveaux codes de consommation, du coût de la vie qui ne fait qu’augmenter et d’un circuit de la grande distribution en recherche d’opportunités de développement », concède le BIVB – probablement en référence à l’érosion de la consommation française de vin.
Même contexte « mouvementé » à l’export, où les ventes de bourgogne ont baissé l’an dernier de 6 % en volume, pour un chiffre d’affaires de 1,5 Mrd€ quasi-stable. Le BIVB relativise cette évolution. Et de souligner que la Bourgogne est l’un des vignobles français qui on connu, sur plus d’une décennie, une croissance à l’international. Le volume exporté en 2023, plus de 87 millions de bouteilles, reste équivalent à la moyenne des dix dernières années.