La technologie « RFID », dite aussi « l’étiquette intelligente », permet l’interactivité produit-consommateur-mode d’utilisation. Elle gagne inexorablement du terrain dans l’industrie alimentaire, la plupart du temps sous la pression de la grande distribution. Arnaud Mulliez, président d’Auchan France et du pôle de compétitivité du commerce, est convaincu « que le commerce du futur est en train de se profiler ». Reste toujours posée la question de la définition d’un standard mondial. Selon lui, la RFID ne pourra se développer que si « elle permet une compatibilité et une interopérabilité au niveau mondial ».
Est-ce véritablement la puce capable de faire des merveilles ou le nouveau code barres intelligent ? En tout cas, avec l’avancée technologique que constitue la RFID, « le réfrigérateur pourra, par exemple, signaler les produits dont la date de péremption est proche ou dépassée…. et établir le renouvellement de commandes directement au magasin ! « La Radio Frequency Identification (RFID) s’installe ainsi progressivement dans le monde agro-industriel. « Les entreprises ne souhaitent pas trop communiquer sur cette nouvelle technologie», reconnaissait un spécialiste à l’issue d’un carrefour sectoriel consacré aux applications dans l’industrie agroalimentaire qui se tenait à l’occasion de la deuxième édition de la RFID les 29 et 30 novembre à Lille.
Questions d’éthique
« On ne peut pas se permettre d’encourir le moindre risque que cette technologie puisse rencontrer des freins », explique Arnaud Mulliez, président du pôle de compétitivité du Commerce. « C’est pourquoi il y a un enjeu majeur à informer le citoyen et le consommateur, car les investissements en jeu sont importants et nous ne pouvons pas nous permettre un rejet de cette technologie », poursuit-il. Question à la fois d’éthique et de pédagogie.
Le consommateur est-il prêt ? Ne considère-t-il pas qu’il y a là ingérence dans sa vie privée ? Ne risque-t-il pas de rejeter la technique ? C’est tout l’enjeu des prochaines années.
A Lille, les chefs d’entreprises agroalimentaires et les prestataires de services ont approfondi la question à partir de témoignages et de réalisations effectives. Dans la viande ou les produits de la pêche, comme en matière de logistique (marquage de palettes par Benedicta, par exemple), des entreprises sont déjà passées du stade de la réflexion à la mise en œuvre.
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En Belgique, la société Beauval implantée à Lessines près de Tournai, a été fortement encouragée par le N°1 de la grande distribution belge, le groupe Delhaize, à développer ce système de marquage. Pour Frederik Brys, le dirigeant de cet atelier de découpe,« Beauval avait besoin d’une solution permettant de faire face à un fort développement (+24 % par an depuis 2001) comme aux nombreuses exigences de traçabilité ». Beauval traite 2400 tonnes de viandes chaque année, commercialise 3500 références avec des DLC très courtes pour sa vingtaine de boucheries implantées dans les magasins Delhaize, pour l’industrie et la restauration. Le système installé lui permet notamment d’avoir une vision de ses stocks en temps réel.
Les caisses ont disparu !
Yves Braka, p.-d.g. de Nordic ID France, a travaillé la technologie RFID pour son client islandais Fisk Seafood (25 000 tonnes de quota de pêche, trois usines et cinq chalutiers de haute mer). Fisk Seafood utilise depuis 2004 les tags RFID, les terminaux portables et fixes de lecture dans leur chaîne logistique, du bateau (caisses de poissons) aux quais de déchargement et dans les entrepôts. La technologie RFID lui permet une information plus complète sur les produits, une transmission en temps réel, une organisation optimisée ainsi que la réponse aux exigences de traçabilité.
La grande distribution française réfléchit beaucoup à cette nouvelle technique et mène actuellement de nombreuses expérimentations. Aux Etats-Unis, WalMart a déjà obligé ses 600 plus gros fournisseurs à utiliser cette technologie !
Metro, Carrefour (avec ses expériences menées avec Psion Teklogix) Tesco, Delhaize suivent…Matthieu Leclercq, fils d’un des fondateurs de Décathlon, vient d’ouvrir près de Lille une ferme-magasin dont les seize hectares de production fournissent notamment les étals d’un supermarché de 1200 m2 implanté au sein de la ferme. Il expérimente actuellement un nouveau concept sans caisse, sans vigile, mais avec des conseillers dédiés à la clientèle. Le principe de base est simple : il suffit d’être doté d’une puce RFID insérée dans un bracelet pour choisir librement ses produits, les regrouper dans son caddie et les débiter de sa note. Une fois ses achats effectués, le client quitte les lieux sans passer à la caisse, autrefois passage obligé !