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Avec le projet JNS, SystemX veut augmenter le stockage du carbone dans les sols

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A la tête du projet JNS, Gwenaëlle Berthier va apporter le savoir-faire en IA de SystemX. Crédits : © SystemX

Face au changement climatique, l’Institut de recherche technologique SystemX lance le projet Jumeau numérique des sols pour comprendre l’influence des pratiques agricoles sur la vie des sols et le stockage du carbone.

Pour promouvoir les pratiques agricoles bénéfiques tout en répondant aux enjeux climatiques et financiers du stockage du carbone dans les sols, l’Institut de recherche technologique (IRT) SystemX vient d’annoncer le lancement le 1er juillet dernier du projet Jumeau numérique des sols (JNS). Doté de 1,4 million d’euros, il est prévu pour durer jusqu’à fin 2026. Alimenté par des données en continu, JNS établira des modèles « pour quantifier le stockage carbone au niveau des parcelles agricoles et contribuer à la protection et le bon usage des sols afin d’optimiser les pratiques agricoles », explique l’IRT dans son communiqué du 15 septembre 2023. « Si un agriculteur veut changer ses pratiques agricoles, nous proposerons un outil qui permettra de l’aider », explique Gwenaëlle Berthier, cheffe du projet JNS à SystemX, à Agra Innovation. « Il pourra prédire les conséquences de changements de pratiques sur la quantité de carbone séquestré dans ses sols. C’est pour répondre à cette question que nous avons besoin d’un outil de modélisation. »

La première étape du projet vise à construire une base de données unifiée, à partir d’un grand nombre de données disponibles en open source (météorologiques, cartographie des sols, textures des sols), des relevés bio-physico-chimiques effectués sur les parcelles et d’autres mesures issues de capteurs (satellites, drones, engins agricoles avec capteurs...). Ce sera l’occasion de réunir et de mettre en relation des données parfois collectées à différentes époques et par une multitude d’outils, à commencer par les données satellites. « Nous souhaitons consolider les bases de données existantes, hybridant ces données et utiliser les dernières techniques d’IA pour répondre à ce verrou scientifique », souligne Gwenaëlle Berthier. « Il y a des trous dans les mesures, mais il existe des moyens de palier à cela au travers de la modélisation. »

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Un projet ouvert et évolutif

À terme, JNS pourra servir à une multitude d’acteurs du secteur agricole, que ce soit pour les « diagnostics, prévisions et informations d’usage des sols pour les agriculteurs, coopératives et négociants, la mise à disposition de services comme la visualisation de l’état des sols pour les machinistes et techniciens agricoles mais aussi les résultats d’analyse pour les organismes de conseil », explique l’IRT. Des essais dans le Grand Est seront l’occasion de tester JNS en conditions réelles dès la fin 2024. En fonction des résultats, d’autres suivront. « Nous pensons créer plusieurs versions du démonstrateur JNS au cours des trois ans et demi du projet pour tester différents modèles. »

Pour mener ce projet à bien, l’IRT pourra compter sur la participation d’un comité d’experts composé d’Acta, AgdataHub, l’Inrae et Precifield, en plus de ses deux partenaires industriels Atos et France Pulvé (groupe Exel Industries). L’IRT espère attirer d’autres industriels susceptibles d’être intéressés par le projet, dont l’objectif pourra être amené à évoluer en fonction de leur intérêt. « On peut imaginer que certains partenaires aient envie de travailler sur d’autres sujets, comme la biodiversité, la gestion de l’eau pour l’irrigation ou la stratégie d’épandage d’engrais », glisse la cheffe de projet. Dans ce cas, elle envisage d’ajouter « d’autres outils d’aide à la décision ».