Trois pays – Japon, Malaisie et Vietnam – sont les cibles commerciales privilégiées dans le secteur agricole et alimentaire, tant par les États-Unis que par le Canada, après la conclusion des négociations du Partenariat transpacifique.
Pour « vendre » à leurs secteurs agroalimentaires respectifs l’accord conclu le 5 octobre sur la création du Partenariat transpacifique (TPP), les gouvernements américain et canadien insistent sur les débouchés prometteurs que constituent, avec la libéralisation des échanges, trois pays d’Asie, le Japon, la Malaisie et le Vietnam (1).
Déjà 42 % des exportations agricoles américaines
Les onze autres pays membres du Partenariat transpacifique représentaient déjà l’année dernière 42 % des exportations agricoles des États-Unis, contribuant ainsi à hauteur de 63 milliards $ à l’économie nationale, souligne le département américain de l’agriculture (USDA). Le TPP, ajoute-t-il, supprimera les barrières commerciales « abusives » et permettra en particulier de développer les ventes à ces partenaires dans les secteurs de la viande, de la volaille, des produits laitiers, des fruits et légumes, des céréales, des oléagineux, du coton et des produits transformés.
Pour la viande bovine, le Japon, qui applique actuellement des droits de douane jusqu’à 50 %, les réduira à 9 %, relève l’USDA. Il éliminera les droits pour 75 % des lignes tarifaires, y compris les produits transformés. De leur côté, le Vietnam supprimera ses droits et la Malaisie bloquera les siens à zéro.
Pour le porc, la Malaisie et le Vietnam élimineront leurs droits de douane sur près de 80 % des lignes tarifaires, les réduiront pour le reste et édulcoreront sensiblement leur système de prix d’entrée. Presque tous les droits de la Malaisie seront bloqués à zéro, tandis que le Vietnam supprimera les siens.
Dans le secteur des fruits, poursuit le ministère américain, le Japon, la Malaisie et le Vietnam élimineront leurs tarifs douaniers sur tous les produits frais et transformés, y compris les agrumes.
La Malaisie et le Vietnam supprimeront immédiatement tous leurs droits, et le Japon presque tous les siens, sur les légumes frais et transformés, ces pays éliminant tous les trois les tarifs sur les pommes de terre et produit à base de pomme de terre.
Enfin, souligne l’USDA, le Japon, qui a exclu le riz de tous ses précédents accords commerciaux, ouvrira un nouveau quota libre de droit pour les importations en provenance des États-Unis, tandis que la Malaisie et le Vietnam supprimeront leurs tarifs douaniers sur ce produit.
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Libre-échange tous azimuts pour le Canada
Du côté canadien, le ministère du commerce international rappelle que, de 2012 à 2014, les exportations agricoles et agroalimentaires du pays vers les autres membres du Partenariat transpacifique ont atteint annuellement 31,2 milliards de dollars canadiens (21 milliards €), les principaux produits étant l’huile de canola, le blé, les porcs vivants, la boulangerie, la viande bovine et les pommes de terre transformées. Il souligne aussi que le TPP et les accords commerciaux bilatéraux passés avec l’UE et la Corée du Sud font du Canada le seul pays du G7 à disposer d’un « accès en libre-échange aux États-Unis et dans les Amériques, en Europe et en Asie-Pacifique ».
Les gains à attendre, pour l’agriculture canadienne, de l’élimination des droits de douane et de l’amélioration de l’accès au marché prévues par le Partenariat transpacifique sont particulièrement importants à destination du Japon, du Vietnam et de la Malaisie, estime le ministère. Des pays où le Canada se heurte à des droits élevés – de respectivement 17,3 %, 17 % et 10,9 % en moyenne – et ne bénéficie pas d’un accès préférentiel.
Avec le TPP, le Canada s’attend aussi à de nouvelles opportunités de marché dans une série de secteurs : porc, viande bovine, fruits et légumes, légumineuses, malt, céréales, aliments pour animaux, sirop d’érable, vins et spiritueux, produits de boulangerie, céréales transformées et produits à base de légumineuses, sucre et confiserie chocolatée, aliments transformés et boissons.
Enfin, note le ministère canadien du commerce international, le Partenariat transpacifique assurera au pays « un avantage sur les concurrents qui sont en dehors de cet accord ».
Chili : l’accord transpacifique bénéficiera « surtout » à l’agriculture
Le Partenariat transpacifique (TPP) ouvre « de nouvelles opportunités pour nos exportateurs, en incluant des produits qui étaient en dehors des accords précédemment noués avec les pays membres du TPP », a souligné la présidente chilienne, Michelle Bachelet, commentant la conclusion des négociations sur cet accord de libre-échange. « Les secteurs bénéficiaires seront surtout l’agriculture, l’agro-industrie et le secteur forestier », a-t-elle souligné.