Royaume-Uni > En mettant la main sur Northumbrian Fine Foods (NFF), Biscuit International renforce sa présence en Europe et devient un acteur du marché du sans gluten et du sans lactose. Le groupe, présent désormais dans quatre pays, va poursuivre les acquisitions afin de compléter sa présence en Europe et sur les catégories de biscuits dont il est absent.
Les produits sans gluten et sans lactose, en forte croissance en Europe, ne laissent pas indifférent Biscuit International : la preuve avec l’acquisition, dévoilée le 16 mai, de Northumbrian Fine Foods (NFF) par le fabricant européen de biscuits à marque de distributeur. NFF, qui a réalisé 27 millions de £ (30,8 M€) de chiffre d’affaires en 2017, est surtout implanté sur le marché britannique où il est le leader dans la fabrication de biscuits sans gluten et sans lactose MDD, même s’il possède aussi sa propre marque Prewett’s. Toute la fabrication est concentrée sur son site industriel de Team Valley, à Gateshead (Angleterre), où il emploie 225 personnes.
L’acquisition de 100 % du capital, dont le montant n’est pas dévoilé, a été financée entièrement en dette. Les dirigeants de NFF restent en place et investissent au capital de Biscuit International aux côtés des managers existants.
Un marché du sans gluten en forte croissance
« Les produits sans gluten et sans lactose devraient générer des ventes de 8,7 milliards de £ (9,9 Mrd€) en Europe d’ici 2021, soit une augmentation de 60 % par rapport aux 5,4 milliards de £ (6,15 Mrd€) que représentait ce marché en 2016 », souligne Biscuit International, citant une source Euromonitor. « Quant aux biscuits sans gluten, les ventes aux consommateurs atteignent probablement les 300 millions d’euros en Europe, dont 60 millions au Royaume-Uni et 30 millions en France », estime Giampaolo Schiratti, p.-d.g. de Biscuit International (300 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017, 100 000 tonnes de biscuits produits dans 12 usines).
Mais c’est surtout le taux de croissance de ce marché qui intéresse Biscuit International. « Ces produits connaissent une croissance à deux chiffres ces dernières années et nous anticipons des ventes aussi dynamiques pour les années à venir », poursuit le dirigeant. Les consommateurs sont demandeurs, qu’ils soient intolérants au gluten ou au lactose, ou pour les plus nombreux d’entre eux adeptes de ce régime par confort.
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Avec cette acquisition, Biscuit International se dote surtout d’une technologie qu’elle n’avait pas et qui est très spécifique. Elle se renforce aussi sur le marché britannique où NFF fabrique pour les distributeurs locaux. Biscuit International renforce aussi son offre de produits aux distributeurs ou aux marques qui sous-traitent la fabrication. « Les produits du catalogue NFF ont un fort potentiel de développement en Europe et vont pouvoir bénéficier de notre présence déjà établie en France, au Benelux, en Allemagne et, dans une moindre mesure, en Italie et en Espagne », prévoit Giampaolo Schiratti.
D'autres acquisitions en vue pour Biscuit International
Biscuit International, propriété du fonds Qualium Investissement (1,2 milliard d’euros d’actifs sous gestion), s’est en effet construit autour de Poult, Banketgroep aux Pays-Bas et A & W Feinbackwaren en Allemagne. Outre la biscuiterie traditionnelle, Biscuit International s’est lancé récemment sur les produits en forte croissance comme le biologique ou le sans sucre ajouté. Le fabricant est présent au total sur une quinzaine de segments de la biscuiterie tels que les biscuits de petit-déjeuner, les gaufres ou les cookies.
Les conséquences du futur Brexit ont été analysées par Biscuit International. « Nous estimons qu’il s’agit d’un risque limité car l’entreprise est d’abord bien implantée sur son marché local, et il est peu probable que des taxes soient mises en place par l’UE sur les produits alimentaires », estime Giampaolo Schiratti. « En outre, l’affaiblissement de la livre sterling face à l’euro joue en faveur des produits britanniques sur les marchés de la zone euro. »
« Il reste encore des segments de produits, et des pays en Europe, où nous ne sommes pas présents », explique Giampaolo Schiratti. Les acquisitions ne sont donc pas terminées. Après les croissances externes aux Pays-Bas en 2016 et en Allemagne en 2017, l’année 2018 pourrait être marquée par une deuxième acquisition. « Nous y travaillons », explique sommairement le dirigeant du groupe.