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Caritatif Avec Solaal, les agriculteurs français s’engagent pour l’aide alimentaire

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La profession agricole française vient de créer Solaal, une association de dons de produits agricoles et alimentaires pour les démunis, sous l’égide de la FNSEA. Elle demande que les dons en nature puissent bénéficier d’avantages fiscaux, alors que l’abandon des quotas laitiers fait peser une menace sur les dons de lait.

Pour pouvoir participer à l’aide alimentaire, la profession agricole veut créer des moyens logistiques et demande que les dons en nature bénéficient d’avantages fiscaux au même titre que les dons monétaires. « Face à l’augmentation du nombre de Français vivant en dessous du seuil de pauvreté, aux besoins croissants des associations caritatives ainsi qu’à la baisse du soutien communautaire, la profession agricole et ses filières créent une association de dons de produits agricoles et alimentaires à destination des plus démunis en France », annonce dans un communiqué du 29 mai 2013 cette nouvelles association, baptisée Solaal, pour « solidarité des producteurs agricoles et des filières alimentaires ».
« C’est une idée qui traîne depuis longtemps. Cette générosité existe déjà, mais elle n’est pas toujours structurée », explique Jean-Michel Lemétayer, président de Solaal, alors que l’avenir de l’aide européenne aux plus démunis est toujours en discussion. Il veut « mobiliser l’ensemble de la profession agricole », mais demande « qu’on puisse mieux valoriser cette solidarité ». Dans ce but, l’association est en discussion avec les pouvoirs publics pour que tous les dons de produits bénéficient de l’avantage fiscal de 60% de leur valeur.
Car, aujourd’hui, lorsqu’un agriculteur fait un don en nature directement à un organisme caritatif, il reçoit un document lui donnant droit à un avantage fiscal. Lorsqu’une entreprise fait un don de produit transformé, elle a également droit à cet avantage. Mais un producteur, qui désire donner un produit qui sera transformé avant d’être donné, ne bénéficie pas d’avantages, puisque c’est le dernier maillon qui a le statut de donateur fiscal. « Il faut qu’on arrive à faire comprendre à Bercy que ça a plus de sens pour nous de donner une tonne de blé qu’un chèque », argument Jean-Michel Lemétayer. « L’enjeu, c’est de transformer nos produits en aliments dont ont besoin les associations caritatives », notamment au regard des besoins nutritionnels. Pour cela, Solaal travaille en lien étroit avec les associations caritatives.

Urgence pour les dons de lait

Pour Jean-Michel Lemétayer, il est urgent que le ministère des Finances trouve une solution technique, car le temps presse, notamment pour ce qui concerne les dons de lait : « Jusqu’à présent, tout le système des dons de lait était basé sur les excès de production. Les agriculteurs étaient incités à donner ce qu’ils produisaient au-dessus de leur quota. Mais avec la fin des quotas, tout s’écroule ! Chaque année, c’est plusieurs millions des litres de lait qui sont donnés, ce volume risque de diminuer ».
Les premières actions de Solaal visent également à sensibiliser et informer sur les types de dons ; à mettre en relation tous les acteurs locaux (donateurs, associations caritatives et collectivités territoriales) pour créer des partenariats ; à veiller au bon acheminement des produits car la prise en charge de la logistique est le maillon faible de la chaîne du don alimentaire ; et à créer des filières d’insertion pour collecter les produits hors calibre ou non récoltés. Jean-Michel Lemétayer « appelle tous nos partenaires des secteurs coopératif, industriel et de la grande distribution, mais aussi toute organisation désireuse de soutenir cette démarche, à rejoindre l’association, afin de pourvoir une alimentation en quantité et de qualité pour les personnes les plus démunies ».

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