Les agriculteurs français se montrent à 88 % favorables aux contrats pluriannuels calculés sur la base de leurs coûts de production, contre 5 % pour un système basé sur les marchés internationaux, avec des prix qui varient selon l’offre et la demande, selon une enquête Toluna-Harris Interactive pour Agri-Éthique France publiée le 13 mars. Toutefois, leur opinion varie selon la conjoncture. Les agriculteurs sondés sont très partagés (50 % d’accord, 49 % opposés) sur le fait de signer un contrat pluriannuel basé sur des coûts de production avec une rémunération « correcte », mais inférieurs aux prix du marché « dans le cas où le prix du marché pour votre production est élevé ».
En termes de transparence, ils sont plutôt d’accord pour partager leurs prix de vente et coûts de production, mais pas leurs marges ni les revenus de leur exploitation. Ils s’estiment plutôt mal informés sur « les marges et la répartition de la valeur entre [leur] premier acheteur (collectif ou négoce) et l’aval de la filière (industriels, marques et distributeurs) ». Très sensibles à la notion de souveraineté alimentaire de la France, les agriculteurs estiment que le prix payé de leurs productions est « la clé pour renforcer la souveraineté alimentaire ». Même s’ils se montrent réalistes en constatant que les attentes des consommateurs ne sont pas compatibles avec les réalités de la production agricole hexagonale.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Cette enquête d’opinion est publiée alors que les négociations commerciales annuelles entre fournisseurs et distributeurs viennent de se terminer le 12 mars. La transparence des marges réalisées par la transformation est une revendication du monde agricole et tout particulièrement de l’amont laitier.
CB