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Avril affiche des résultats 2021 en forte hausse

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En dépit d’un contexte agité en ce qui concerne les cours des matières premières agricoles, Avril affiche des résultats 2021 meilleurs qu’en 2020, année marquée par la crise sanitaire. Pour 2022, Avril annonce des mesures visant à accroître la souveraineté alimentaire française en oléagineux, de nouvelles capacités de trituration et des aides pour les éleveurs en difficulté.

2021 est une année marquée par « l’accélération » comme l’a rappelé Jean-Philippe Puig, directeur général du groupe Avril, le 14 avril à l’occasion de la présentation des résultats du groupe Avril. Tous les voyants sont en effet au vert. « Pour la quatrième année consécutive, le groupe dépasse les objectifs de son plan stratégique. En 2021, l’Ebitda s’élève à 356 millions d’euros, en hausse de 46 %. Le chiffre d’affaires atteint 6,9 milliards d’euros, en progression de 19 % […]. Enfin, le résultat net part du Groupe s’élève à 150 millions d’euros, en progression de 155 %, grâce notamment à l’appréciation de l’Ebitda ainsi qu’aux plus-values de cession réalisées en 2021 », indique le groupe agro-industriel. L’augmentation des matières premières a joué un rôle important dans la hausse du chiffre d’affaires.

La très forte progression de l’Ebitda trouve son origine dans les activités industrielles de première transformation et de spécialités qui représentent 321,1 millions d’euros (sur 356 millions d’euros). Elle est toutefois très contrastée en fonction de la capacité des filiales à répercuter les hausses des matières premières à leurs clients. Ainsi, la première transformation et les énergies renouvelables représentent à elles seules 171 millions d’euros d’Ebitda. « Saipol a ainsi su bénéficier de la bonne orientation du marché des matières premières avec des prix de vente élevés de ses huiles, tourteaux et biocarburants », note Avril.

Les spécialités sont marquées par un retour de la croissance en 2021 avec 95,7 millions d’euros d’Ebitda, après une année en fort retrait à cause de la crise sanitaire et du ralentissement économique qui en découlait.

Les solutions pour l’agriculture ont dégagé un Ebitda de 13 millions d’euros, en retrait de 57 % par rapport à 2021, à cause des difficultés du secteur de l’élevage. Sanders, numéro un en France de la nutrition animale, a ainsi subi de plein fouet la hausse des matières premières sans pouvoir les répercuter auprès de clients fragilisés et touchés par l’épizootie de grippe aviaire. L’activité de conditionnement d’œufs et d’ovoproduits est toujours dans une situation difficile à cause des coûts d’alimentation des poules et un marché national qui connaît des changements de comportement des consommateurs.

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Avril estime s’en être mieux sorti en revanche dans la grande consommation, qui « a prouvé en 2021 sa capacité de résilience ». Selon le groupe, « la volatilité des cours des matières premières, la crise sanitaire et la pression sur le pouvoir d’achat » a eu un impact limité sur la rentabilité, qui baisse de 17 % à 52,3 millions d’euros. Lesieur a rencontré des difficultés à cause de la hausse du prix de l’huile d’olive. Mais la reprise de la restauration en cours d’année et les ventes aux industriels ont permis de compenser partiellement ces hausses. Costa d’Oro, la société (et marque) italienne rachetée par Avril, a connu des difficultés à cause des cours de l’huile d’olive, une concurrence plus forte, une baisse du marché italien et des exportations contrariées par la crise sanitaire.

Ambitions dans la protéine végétale

Toutefois, Avril a poursuivi le renforcement de son pôle agroalimentaire grand public en 2021. En fin d’année, la start-up de sauces italiennes Eccellenza Italiana (marque Italians Do It Better) a rejoint Avril, mais c’est surtout l’acquisition de Soufflet Alimentaire, découlant de l’acquisition du groupe Soufflet par InVivo, qui a été un dossier plus conséquent. « La signature définitive de l’acquisition de Soufflet Alimentaire doit intervenir avant la fin du premier semestre 2022 », a indiqué Jean-Philippe Puig. Avril est particulièrement intéressé par les protéines végétales, riz et lentilles, dont il souhaite développer la consommation auprès du grand public, en s’appuyant sur la marque grand public Vivien Paille qui fait partie de Soufflet Alimentaire. « Nous voulons renforcer la culture de la lentille en France », a annoncé le directeur général. La protéine végétale est vue par Avril comme « un important relai de croissance pour l’avenir du groupe ». La poursuite du renforcement des positions sur le secteur de la grande consommation grâce à l’acquisition de marques locales, fabriquant des produits de qualité et ayant un savoir-faire artisanal, fait partie des objectifs d’Avril pour l’avenir.

Pour 2022 et au-delà, cette politique de croissance va se poursuivre en dépit d’un contexte très chahuté sur les matières premières, leur coût et leur disponibilité. Pour venir en soutien des éleveurs français durement touchés par ce contexte, Avril, à partir du 1er juillet 2022, via sa filiale Sanders, proposera un « dispositif d’aides exceptionnelles, à hauteur de 6 millions d’euros, en vue de soutenir l’installation de nouveaux éleveurs et la transmission des élevages, accompagner la modernisation et la durabilité des élevages, et enfin, optimiser l’accès à la protéine dans la nutrition animale ».

Avril va aussi investir dans ses outils de trituration de la graine de tournesol, via sa filiale Saipol, afin de répondre aux enjeux de souveraineté alimentaire et à une situation très perturbée quant aux conséquences de la guerre en Ukraine. « En transformant plus d’un million de tonnes de graines de tournesol, c’est plus de 50 % de la production agricole française de tournesol qui serait ainsi valorisée par le groupe. Ce projet accompagnerait également auprès du monde agricole, l’essor de cette culture dont les surfaces sont anticipées à la hausse avec un objectif de 900 000 ha (+30 % par rapport à 2021). » Ce projet ne devrait pas se concrétiser avant deux ou trois ans, et n’est pas encore chiffré ni localisé pour l’instant, indique Avril. Son objectif est d’augmenter la capacité de ses outils de 300 000 tonnes annuelles, contre 700 000 tonnes annuelles aujourd’hui.

La protéine végétale est vue par Avril comme « un important relai de croissance pour l’avenir du groupe »