Abonné

Avril commence à produire et à distribuer un biodiesel 100 % végétal

- - 4 min

Le groupe Avril commence à produire et à distribuer un biodiesel 100 % végétal, destiné aux professionnels du transport, ont annoncé ses dirigeants le 8 novembre. Les « quelques centaines de milliers de tonnes » d’ester méthylique de colza qui seront ainsi commercialisées chaque année à l’état pur n’assècheront pas le marché du biodiesel et de l’huile, ont assuré les dirigeants d’Avril.

Du biodiesel pur est maintenant sur le marché des carburants. Avril a présenté le lancement de sa marque Oléo 100 le 8 novembre, un biodiesel sans mélange dans le gazole. Ce nouveau produit sortira des usines existantes du groupe : celles de Rouen, de Saint-Nazaire, de Bordeaux et de Sète.

Pas de problèmes d’approvisionnement en colza

« Nous serons capables de produire les volumes. Les quelques centaines de milliers de tonnes d’ester méthylique de colza que nous prévoyons de produire par an ne compenseront pas les centaines de milliers de tonnes qui arrivent depuis plusieurs années en provenance de la concurrence argentine et malaisienne », a indiqué Arnaud Rousseau, président du groupe Avril et de la Fédération des producteurs d’oléoprotéagineux (Fop). « Nous sommes largement excédentaires », a-t-il résumé, éloignant les craintes d’un manque d’approvisionnement en graines et en huile de colza.

La commercialisation d’un biodiesel pur permet à l’industriel des oléagineux de distribuer lui-même le produit et non de passer par l’industrie pétrolière. « Nous apprenons un nouveau métier », a commenté Jean-Philippe Puig, directeur général d’Avril. L’Oléo 100 sera distribué dans les cuves des transporteurs routiers et des collectivités pour leurs parcs de bus et d’autocars. « Nous fournirons de l’accompagnement technique à nos clients », a ajouté Kristell Guizouarn, directrice « énergies nouvelles et affaires européennes » d’Avril.

Le lancement d’Oléo 100 fait suite à l’autorisation du B 100, le biodiesel à 100 % dans les moteurs diesel, autorisation qui a été donnée par le gouvernement en mars dernier, après cinq ans de travaux à Bruxelles pour la définition d’une norme européenne.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Énergie totalement renouvelable, le B 100 réduit de 60 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport au gazole fossile et jusqu’à 80 % les émissions de particules, a cité Avril. Néanmoins, l’Oléo 100 « paye » la TICPE, la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, à hauteur de 12 centimes de litre, plus que le GNV fossile et plus que l’électricité, qui n’est assujettie à aucune taxe, a fait remarquer Kristell Guizouarn.

L’Oléo 100 paye plus de TICPE que le GNV fossile

Une solution énergétique à avantages agronomiques et économiques

Pour les dirigeants d’Avril, l’Oléo 100 est avant tout « une solution énergétique » à destination des professionnels des transports de poids lourds qui veulent opérer leur transition énergétique vers un modèle plus durable. Pour les moteurs de forte puissance et sur des longues distances, autrement dit pour les poids lourds, le moteur diesel est le plus adapté, selon Jean-Philippe Puig. « Nous offrons une solution immédiate, garantie 100 % avec des graines de colza françaises, dans des usines françaises », a-t-il développé. Cette solution énergétique a aussi des avantages agronomiques : le colza couvre le sol 11 mois sur 12, a souligné Arnaud Rousseau. Enfin, avantage collatéral économique qui n’est pas des moindres : la fabrication du biodiesel génère la production de tourteaux contenant plus de 50 % de protéines, de la glycérine pour la chimie, et évite l’importation de gazole, dont l’exportateur unique est la Russie.