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Avril a redressé la barre en 2019

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Le groupe Avril signe un bon exercice 2019, avec une progression de 11% de son Ebitda et de 119% de son résultat net. Même s'il s'estime bien armé pour tenir le cap de son plan stratégique 2023, le groupe ne donne pas d'indications sur 2020, en raison des incertitudes actuelles.

Après un exercice 2018 en demi-teinte, le groupe Avril a confirmé son rebond en 2019. Ses comptes publiés le 30 avril révèlent une croissance de 11% de l’Ebitda à 170 M€, pour un chiffre d’affaires en repli de 4% à 5,84 Mrd€, « impacté par la volatilité du cours des matières premières et la baisse des volumes des activités d’Avril Végétal », précise le communiqué. De son côté, le résultat net fait plus que doubler à 35 M€. Une bonne performance qui s’appuie « sur le dynamisme des activités industrielles réparties en quatre domaines (Avril Végétal, Avril Spécialités, Avril Filières d’Elevages et Avril Développement) », souligne Avril, mais aussi sur l’activité de sa filiale Sofiprotéol, société de financement et de développement.

Avril Végétal, le pôle historique du groupe, a confirmé l’amélioration de sa performance. Outre la transformation, les activités d’huiles et condiments ont « profité de la restauration de la profitabilité de Lesieur en France et de bonnes performances en Algérie », explique le groupe. Avril met en avant la relance en France des marques Lesieur et Puget qui commence à porter ses fruits et le lancement réussi de la marque italienne Costa d’Oro acquise en 2018. Et en Algérie, le groupe a réussi à retrouver sa position de leader du marché grâce au succès de ses mayonnaises auprès des consommateurs algériens. Dans le pôle Avril Filières d’Elevages, les activités nutrition animales, « commercialisées sous la marque Sanders ont bénéficié l’an dernier, d’un contexte favorable sur les prix des matières premières et des productions animales, en particulier le lait et le porc ». En revanche, l’activité œufs « continue d’être pénalisée par les difficultés de la société Matines qui, cette année encore, a enregistré de lourdes pertes ». S’il ne donne pas de chiffres, Avril estime que cette contreperformance souligne « l’urgence de transformer notre modèle et d’adapter notre organisation, afin de répondre à l’évolution de la demande des consommateurs, tout en garantissant la pérennité de la filière auprès de nos producteurs ».

Poursuite des investissements en 2019

Sofiprotéol, la branche financière, a investi près de 83 M€ en 2019 sous forme de prises de participation ou d’octroi de financements, dans le soutien du développement des filières agroalimentaires de l’amont à l’aval. Sofiprotéol a notamment accompagné la coopérative Axéréal dans le rachat des activités mondiales de Cargill Malt, et aussi soutenu le groupe Euralis dans le secteur des semences. « Au total, Sofiprotéol contribue cette année pour 10 M€ à l’Ebitda du groupe », précise Avril.

Du côté de son bilan, le groupe indique disposer de « solides fondamentaux, avec des fonds propres stables de 1,7 Mrd€ et un endettement maîtrisé ». De quoi lui permettre de poursuivre ses investissements qui se sont élevés ainsi à 184 millions d’euros en 2019, dont 101 millions d’euros dans ses filiales industrielles et le reste via Sofiprotéol.

Des résultats 2019 globalement en ligne avec le plan stratégique d’Avril. Un plan qui, rappelons-le, prévoit un Ebitda de 300 M€ en 2023. S’il ne donne pas d’indications chiffrées pour 2020, Jean-Philippe Puig, le directeur général du groupe et gérant d’Avril SCA, reste confiant pour l’avenir du groupe malgré les incertitudes pesant sur la conjoncture mondiale. « La qualité de nos fondamentaux et les résultats 2019 confirment que nous sommes sur la bonne voie et nous allons garder ce cap pour continuer à créer de la valeur, au service de la filière », a-t-il déclaré dans le communiqué.