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Avril : résultats en hausse, nouveaux objectifs pour 2023

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Le groupe Avril a dévoilé des résultats 2018 meilleurs qu’en 2017 mais qui restent inférieurs aux attentes : l’Ebitda progresse ainsi de 26%, mais n'a toujours pas retrouvé ses niveaux de 2015. Il se fixe désormais de nouveaux objectifs à travers un plan stratégique ambitieux qui vise un doublement de sa rentabilité d'ici 2023 en misant sur la recherche et le développement, sur les potentialités des protéines végétales et sur une meilleure prise en compte des attentes des consommateurs.

Le groupe Avril vient de dévoiler ses résultats de l’année 2018. Le chiffre d’affaires est en retrait de 2% à 6,09 milliards d’euros, et l’Ebitda progresse de 26% à 154 millions d’euros. Le pôle végétal reste dominant avec 3,99 milliards d’euros de chiffre d’affaires, suivi de l’élevage (1,67 milliard d’euros), des spécialités (868 millions d’euros) et du développement (coproduits des IAA, valorisation des déchets organiques, achats de matières premières, soit 77 millions d’euros). « L’année s’est déroulée en deux parties : au premier semestre, des difficultés pour notre métier historique de la transformation de graines oléagineuses et le biodiesel illustrées notamment par la mise au chômage technique de nos effectifs chez Saipol, puis un deuxième semestre où l’activité est repartie grâce à de nouvelles commandes de nos clients », détaille Jean-Philippe Puig, directeur général du groupe Avril.

L’année passée a, en effet, été chahutée par des phénomènes extérieurs comme l’arrivée sur le marché européen du biodiesel argentin à bas prix, la fermeture de l’Algérie aux mayonnaises importées ou encore la poursuite des changements rapides des habitudes des consommateurs qui achètent moins de viande et privilégient des œufs alternatifs, avec des conséquences sur l’alimentation animale. Autant de changements qui imposent au groupe Avril des adaptations rapides sur plusieurs de ses métiers. 

Le groupe qualifie 2018 d’année de « rebond notable » comparée aux exercices précédents. « L’Ebitda progresse davantage que ce que nous avions prévu dans le budget et le résultat net atteint 16 millions d’euros », précise Jean-Philippe Puig. En 2017, le résultat net avait plongé dans le rouge à 56 millions d’euros. L’Ebitda a aussi constitué une bonne surprise, en hausse par rapport à ce qui était prévu dans le budget initial.

Attentif à la demande du client

Ces quatre dernières années, l’Ebitda du groupe Avril n’a cessé de régresser, à l’exception de 2018. En 2015, il atteignait ainsi 206 millions d’euros. « Le précédent plan stratégique n’a pas été à la hauteur de nos attentes », a constaté Jean-Philippe Puig. D’où la mise au point d’un nouveau plan stratégique au cours de l’année 2018, qui couvrira les années 2019 à 2023. « Nous sommes partis des demandes de nos clients et de celles des clients de nos clients », a souligné Jean-Philippe Puig. La priorité est donc donnée aux flux tirés par rapport aux flux poussés. L’accent sera mis sur la recherche et développement sur laquelle compte beaucoup Avril. Un des axes de recherche consiste à extraire la protéine du colza et du tournesol pour en faire un ingrédient pour l’alimentation humaine, au même titre que la protéine de soja. Ce serait une première mondiale, et Avril a bon espoir d’y parvenir. Ses recherches sur la protéine de colza mènent déjà à des applications dans l’industrie du bois et dans la nutrition animale.

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Autre axe de développement : les spécialités. Dans l’agroalimentaire, Avril va ainsi poursuivre son virage d’une stratégie de volume vers une stratégie de valeur. L’année 2018 a ainsi été marquée par des acquisitions comme l’allemand Lecico (lecithine) ou l’italien Costa d’Oro dans l'huile d'olive. Avril devient ainsi le 3e acteur mondial de l’huile d’olive de marque. Costa d'Oro conquiert aujourd’hui de nouveaux marchés, comme la France. Après Isio 4 en 2018, Lesieur va relancer Puget cette année, en repositionnant la marque sur les origines des huiles d’olive : française, marocaine ou grecque.

La politique de filière, chère à Avril, va être amplifiée dans l’huile d’olive. Avril possède déjà 1700 hectares d’oliveraies au Maroc, un chiffre qu’il souhaite porter à 3000 hectares rapidement. Les acquisitions d’oliveraies vont concerner à l’avenir l’ensemble du bassin méditerranéen. Avril croit beaucoup dans le potentiel de l’huile d’olive dont la demande croît fortement partout, surtout en Asie et en Amérique du Nord. Lesieur espère ainsi améliorer sa situation après avoir connu « une année difficile en France », notamment après des négociations commerciales conduisant à une érosion de ses marges.

Doubler l'Ebitda en 4 ans

Dans le cadre de son plan stratégique 2019-2023, Avril se fixe pour objectif un doublement de son Ebitda qui devra atteindre 300 millions d’euros en 2023. Cette forte progression attendue de 150 millions d’euros se décomposera en 70 millions d’euros générés par le développement dans les spécialités, 50 millions d’euros par la réduction de l’exposition au risque, 15 millions d’euros par la préparation du futur et 11 millions d’euros par les autres projets.

Ce plan, qui est mis au point « à périmètre constant », précise Avril, ne prend donc pas en compte les acquisitions qui pourraient intervenir. Sans toutefois donner de montant, le groupe va poursuivre ses opérations de croissance externe. Le groupe a été capable de continuer d’acheter des entreprises, même dans un contexte difficile comme en 2018, se félicite-t-il. « Si on a une belle opportunité, on a un peu de marge pour pouvoir y aller », a indiqué Jean-Philippe Puig. Le groupe affirme en avoir les moyens, étant peu endetté, et fort de 1,8 milliard d’euros de fonds propres. La dette nette a baissé, passant de 239 millions d’euros en 2017 à 206 millions d’euros en 2018, soit un ratio dette/Ebitda de 1,35, contre 1,9 en 2017.