Le groupe agro-industriel Avril et le spécialiste hollandais en nutrition et santé Royal DSM ont annoncé le 8 juillet leur intention de produire conjointement une protéine issue de colza à destination de l’alimentation humaine. Alternatives à la viande et aux produits laitiers, boissons, produits de cuisson au four, barres alimentaires ou encore produits prêts-à-mélanger : les deux partenaires vont créer une co-entreprise pour produire ces protéines dans une usine qui sera implantée sur le site Saipol près de Dieppe. Celle-ci « devrait voir le jour aux alentours de 2022 », indique Jean-Philippe Puig, le DG d’Avril. Montant de l’investissement : « plusieurs dizaines de millions d’euros ». C’est sur ce site que se trouve une usine de trituration de colza de Saipol, filiale d’Avril, fermée depuis une explosion en février 2018.
« Il y a cinq ans, on a mené une étude assez détaillée sur le bilan mondial des huiles et protéines. On s’est aperçu que, globalement, le monde ne manquera pas d’huile, par contre, le monde va manquer de protéines », explique le dirigeant. Jusqu’ici utilisé en alimentation pour l’huile de table et de cuisson, le colza trouve, dans sa fraction protéine, des débouchés en nutrition animale et plus récemment dans le non alimentaire. Le nouveau projet vise à obtenir un équivalent du tofu, mais pas à base de soja. Doté de « propriétés nutritionnelles très intéressantes », le colza présente également de meilleures facultés de dissolution que le soja, notamment dans l’eau, affirme l’industriel.
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Objectif de production, pour démarrer, quelques milliers de tonnes : « c’est vraiment pour tester le marché sur ce nouveau produit, mais notre ambition, c’est de doubler la capacité dès qu’on l’aura construite, de l’usine française et de voir après, en fonction du marché », selon Jean-Philippe Puig. Il fait notamment valoir l’absence d’OGM dans le colza français, contrairement au soja importé d’Amérique. La Fop (producteurs d’oléoprotéagineux) a salué dans un communiqué « une nouvelle voie de valorisation ». « Les agriculteurs français sont très fiers de contribuer à cette première mondiale », déclare le président Arnaud Rousseau.
Obtenir un équivalent du tofu, mais pas à base de soja