Le groupe coopératif Axéréal, présenté comme le premier collecteur de grains en France, souligne ses bonnes performances en 2013-14, aidées par des partenariats. Une stratégie menée de l'amont à l'aval des filières.
« On monte en puissance », a déclaré le président Jean-François Loiseau, face à la presse le 8 janvier, pointant un EBE (Excédent brut d'exploitation) de 112 millions d'euros (+8 %). Et le directeur général Philippe de Raynal d'ajouter : « Notre démarche exigeante de construire une double proximité vis-à-vis de nos adhérents et de nos clients fait aujourd'hui notre force ». Axéréal s'appuie sur deux pôles dédiés à l'amont et l'aval de la filière : le pôle Agriculture Commerce et Logistique (deux tiers de l'activité) et le pôle Transformation et Activités spécialisées (un tiers) gérant notamment les activités de malterie et de meunerie.
Tracer « les routes du blé »
Des partenariats sont noués pour tracer « les routes du blé » et être au plus près des clients. Celui avec la coopérative Interface, amorcé le 1er juillet 2014, vise la commercialisation de blé meunier de qualité à l'export via le port de Rouen. Plusieurs autres l'ont précédé. Dans l'Ouest, Axéréal est devenu actionnaire de référence de la Sica Atlantique aux côtés de Charente Alliance. Dans le Sud, un partenariat existe en blé dur avec Arterris, une coopérative de Midi Pyrénées au sein de la société Durum. Le blé dur est amené chez les principaux clients et notamment l'Algérie. Dans l'Est, un partenariat est noué avec les coopératives de Bourgogne (l'union Cérévia), via Sercomex, pour la commercialisation de blé vers l'Italie et la Suisse.
Axéréal se présente comme le premier collecteur de grains en France avec 5 millions de tonnes, le numéro un de la commercialisation avec 8 millions de tonnes et le premier opérateur sur la Méditerranée au travers de sa filiale Granit Négoce.
Création de filières
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Dans la transformation, un projet de regroupement avec Dijon Céréales doit aboutir en 2015. Il s'agit de passer du quatrième au deuxième rang en France dans le secteur de la farine, via une société commune pesant 450 000 tonnes. Par ailleurs, les marques d'Axéréal Cœur de Blé et Cœur de Maman rejoignent depuis le 1er janvier la marque Ebly, détenue par la coentreprise à 49-51 avec Mars Food.
Axéréal investit dans des usines de transformation des céréales et crée des partenariats de filières. Il possède 35 outils de transformation pour la malterie, la meunerie ou l'alimentation animale. Dans la malterie, via sa filiale Boortmalt, 5e producteur mondial avec 1 million de tonnes et 10 usines, le groupe est l'un des fournisseurs majeurs pour les distillateurs et les brasseurs des différents continents. Axéréal est présent sur le port d'Anvers, un des quatre hubs du malt dans le monde, qui ouvre les portes de l'Amérique du Sud, de l'Afrique et de l'Asie. En 2015, Axéréal et Tereos s'engagent pour développer une nouvelle offre innovante à leurs clients.
Dans la R&D, Axéréal vient d'adhérer au pôle de compétitivité Céréales Vallée aux côtés de Limagrain. L'idée est de collaborer en matière de recherche, notamment sur le blé tendre.
Axéréal envisage de racheter des lignes de chemin de fer secondaires face au désengagement de l'Etat. Vu l'état actuel du réseau ferroviaire secondaire, « nous avons des difficultés pour charger des trains et les emmener chez les clients. Le schéma est per-turbé », a expliqué le président Jean-François Loiseau, le 8 janvier. Axéréal a été « sollicité par Réseau ferré de France (RFF) pour racheter des parties de lignes capillaires », selon lui. « On va devoir investir, ce sont des millions d'euros de coûts en perspective », car depuis des années « l'Etat a privilégié le TGV et n'a pas mis un euro sur les lignes utilisées pour charger du blé ou du bois », a estimé Jean-François Loiseau, soulignant que d'autres groupes du secteur étaient dans la même situation. Fin décembre, le secrétaire d'Etat en charge des Transports, Alain Vidalies, avait souhaité que l'entretien des lignes locales de fret ferroviaire soit financé à l'avenir par les entreprises concernées et par certaines collectivités territoriales, notamment les régions. « RFF dit aux régions, aux acteurs économiques, aux collectivités locales : organisez-vous pour pérenniser telle ou telle ligne capillaire », s'est plaint Jean-François Loiseau.