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B. Monpert (Capagro): «L'avance de certaines start-up françaises peut être vite rattrapée»

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Le fonds Capagro a reçu plus de 400 dossiers de start-up depuis sa création en 2014. Bénédicte Monpert, membre du directoire revient sur les forces et les faiblesses de projets présentés, et sur la place de la France dans le monde des start-up agricoles.

Quels types de dossiers recevez-vous ?

Pour l’agriculture, beaucoup de dossiers sur les big data, les capteurs, les drones. Mais nous n’avons pas accepté de drone, par exemple, parce que pour nous ce sont des outils. La vraie innovation, c’est la donnée, les algorithmes, le traitement et la capacité à les intégrer aux logiciels en place.

Quels sont les secteurs dynamiques ?
Nous recevons de plus en plus de dossiers en élevage, sur le thème de la baisse de l’usage des antibiotiques. Des vaccins, des immuno-stimulants. Le secteur du bio-contrôle est aussi en effervescence. Cela répond un demande sociétale et à l’orientation de la réglementation, qui est de plus en plus restrictive. C’est une particularité des investissements qui touchent au vivant ; il y a une vraie attraction, mais le cadre réglementaire oriente les capacités de développement du marché.

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Quels conseils donner aux start-up qui se présentent à vous ?

L’équipe doit être bien accompagnée et complémentaire. On peut avoir de très bons chercheurs mais moins orientés sur le marché. Il faut essayer d’éviter de surfer sur les tendances, être capable de montrer le caractère différenciant de son produit et ne pas oublier qu’un business doit devenir rentable à moyen terme. Avoir une barrière à l’entrée, comme de la propriété intellectuelle, est un vrai plus.

L’environnement français est-il favorable aux start-up agricoles?

Nous avons plutôt un bon écosystème. Il y a pas mal de création de start-up car le niveau académique est bon, les pôles de compétitivité et les instituts de recherche sont de bon niveau. Il y a un bon réseau de business angels, il est assez aisé de collecter du «love money»  pour financer la phase d’amorçage.
Par contre, dans la phase de capital-innovation il y a un manque d’investissements, il y a une frilosité des financeurs. Par ailleurs, les start-up peuvent avoir des difficultés à aller à l’international. L’avance que peuvent avoir certaines start-up françaises peut être vite rattrapée.