Babybio, numéro un de la nutrition infantile bio en grandes surfaces et propriété de Vitagermine, a investi dans deux fermes maraîchères dans l’ouest de la France. Objectif : sécuriser ses approvisionnements et disposer de légumes peu cultivés en France, selon les cahiers des charges de l'agriculture biologique et de l'alimentation infantile.
Babybio se donne les moyens d’élaborer des recettes pointues à partir de variété de légumes biologiques peu courantes et de sécuriser ses approvisionnements. Tel est le sens qu’il faut donner à l’acquisition de deux fermes maraîchères par Vitagermine, dont le siège est à Cestas (Gironde), maison mère de Babybio et de Vitabio. « Nous avons acquis début 2019 deux fermes de 38 hectares chacune, dans le Maine-et-Loire et dans la Sarthe, où nous avons commencé la culture de courges butternut, de potimarrons verts et de pommes de terre », explique Audrey Riqur, responsable de la marque Babybio. « Toutes les cultures sont réalisées selon les cahiers des charges de l’agriculture biologique et de la nutrition infantile », poursuit-elle.
Maîtriser l’amont agricole permet à Vitagermine de pouvoir lancer des produits avec des ingrédients exclusifs, et de s’assurer plus rapidement qu’ils répondent parfaitement à la double exigence de la bio et de la nutrition infantile. Ce qui demande à l’entreprise de s’adapter aussi aux aléas de la production biologique. « La dernière récolte, réduite en volume, nous a amené à produire sous forme d’une édition limitée une référence de petits pots de légumes potimarrons verts et butternut de nos fermes, dont la diffusion a été réservée aux magasins spécialisés biologiques », explique Audrey Riqur. L’intégration de l’amont répond aussi à l’exigence de s’approvisionner le plus possible en ingrédients d’origine française. « Or, pour certains ingrédients répondant à nos exigences, nous ne le trouvons pas auprès des agriculteurs français, c’est pourquoi nous le faisons nous-mêmes », souligne Audrey Riqur.
Numéro un du babyfood bio en GMS
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
En développant des références aux ingrédients étroitement tracés, Babybio se différencie de la concurrence sur le marché l’alimentation infantile bio (hors UHT) en GMS (160 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019 selon les données d’Iri) où il occupe la place de leader avec 31,8% de parts de marché. Ses concurrents sont l’opérateur historique Hipp (24,6% de PDM), suivi de Blédina (Danone) et Nestlé, arrivés sur ce marché plus tardivement, respectivement en 2018 et 2017. Depuis plusieurs années, le marché de l’alimentation infantile en GMS (807 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019) est en recul structurel (-0,9% en valeur et -5,8% en volume en 2019), mais le segment bio progresse à vive allure, représentant désormais 19,8% des ventes totales.
À côté des ventes en grandes surfaces (autour de 50 millions d’euros en 2019), Babybio écoule environ 50% de sa production via d’autres canaux : la distribution spécialisée biologique, les pharmacies et le e-commerce. En novembre 2019, Babybio a lancé son propre site marchand où les clients peuvent accéder à l’ensemble des références de la marque. Les ventes sont très limitées pour l’instant, mais à la faveur du confinement, elles ont connu une hausse de 200% entre février et mars. Toutefois, Babybio n’envisage pas de faire du e-commerce un débouché dominant, préférant se concentrer sur les grandes surfaces et le réseau spécialisé bio.