La consommation de biocarburant a chuté de 6,8% en 2013 dans l'UE. En cause : la forte réduction des objectifs d'incorporation de biocarburants en Espagne en 2013. La baisse touche plus fortement le biodiesel que le bioéthanol qui voit sa part de marché portée à 19,9 % contre 19,2 % en 2012.
APRÈS plusieurs années de ralentissement, la consommation de biocarburants de l'Union européenne a reculé de 6,8% en 2013, selon le baromètre publié le 21 juillet par EurObserv'ER, l'observatoire européen des énergies renouvelables. Cette baisse de l'ordre d'un million de tep (tonne équivalent pétrole) par rapport à 2012, soit au total 13,6 millions de tep, est principalement liée à la chute de consommation en Espagne qui a réduit ses objectifs d'incorporation de 6,5 à 4,1% en 2014 (afin de faire baisser le prix du carburant à la pompe). Le taux d'incorporation des biocarburants dans les transports de l'Union européenne en 2013 atteint en moyenne 4,7 %. En Suède, le taux d'incorporation des biocarburants dans les carburants routiers a atteint 11 % en 2013 (contre 8,5 % en 2012), ce qui constitue le taux le plus élevé des pays de l'UE.
Dans le cadre de la directive climat énergie, l'UE s'est fixé un objectif de 10% d'énergie renouvelable dans les transports à l'horizon 2020.
Le bioéthanol prend des parts de marchéLe bioéthanol subit moins fortement ce recul général avec une diminution de 3,1 % de sa consommation contre - 8,5% pour le biodiesel. Conséquence : la part de marché du bioéthanol passe de 19,2 % en 2012 à 19,9 % en 2013 et celle du biodiesel perd près d'un point, de 79,8% à 79%. La part des autres biocarburants reste stable à 1,1 %, essentiellement représentée par le biogaz carburant (0,9%).Malgré une baisse de 9,2% liée à une décision de supprimer les dernières exonérations de taxes accordées à la filière biodiesel, l'Allemagne reste le premier consommateur européen de biocarburants (à 2768 ktep) suivie par la France (2687 ktep, stable par rapport à 2012), l'Italie (1225 ktep, - 8,8%), le Royaume-Uni (1015 ktep, +14,5%) et l'Espagne (997 Ktep, - 52,5%).Quelque 11,8 Mtep des biocarburants de l'UE ont été certifiés durables et peuvent donc être prise en compte dans les objectifs européens. Leur part a légèrement augmenté de 1,1 % pour s'établir à 86,5%. Mais 8 Etats membres – l'Espagne, le Portugal, la Finlande, la Bulgarie, Malte, Chypre, l'Estonie et la Croatie – n'avaient pas encore adopté en 2013 de loi sur la durabilité des biocarburants, leur production ne peut donc pas être comptabilisée comme telle.
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Avec la directive sur la prise en compte du changement indirect d'affectation des sols (1) en cours de négociations et les discussions sur les objectifs de production d'énergies renouvelables pour 2030 (2), difficile de prévoir le niveau de consommation pour les années à venir, estime EurObserv'ER. La consommation de biocarburants pourrait atteindre 22,5 Mtep d'ici à 2020. À plus long terme, l'absence de « visibilité est particulièrement préjudiciable au développement des biocarburants avancés, qui seront amenés à prendre naturellement le relais de la première génération. Sur le court et le moyen terme, leurs perspectives de croissance dépendront donc d'objectifs d'incorporation qui seront définis au niveau national », conclut l'étude .
(1) Voir n° 3452 du 23/06/2014
(2) Voir n° 3440 du 24/03/2014