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Économie laitière Baisse de la part de marge des producteurs de lait depuis fin 2007

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Le ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture a mis en ligne le 29 juillet les résultats de l’Observatoire des prix et des marges concernant les produits laitiers. Ils montrent que, depuis 2007, la part de marge des producteurs, au sein de la filière, a baissé. Cette part est plus ou moins élevée selon le produit tandis que si l’on prend 2005 pour référence, les éleveurs ont parfois bénéficié d’une part de marge en hausse. Les syndicats agricoles majoritaires estiment que « c’est donc bien le prix payé au producteur qui sert de variable d’ajustement. » (1)

La déprime des prix du lait depuis 2007 a d’abord provoqué une baisse de la part de marge des producteurs de lait. C’est ce qu’on peut conclure des premiers résultats de l’observatoire des prix et des marges publiés sur ce secteur par le ministère de l’Agriculture le 29 juillet. Pour le lait UHT, par exemple, la part de marge dévolue à la production était de 39% au dernier trimestre 2007 et de 26% au deuxième trimestre 2009. La marge des industriels a augmenté (de 39% à 52%) et celle des distributeurs est restée stable (17%). Pour les yaourts nature, sur la même période, la part des producteurs a légèrement baissé (16% à 15%), celle des industriels a augmenté et celle des distributeurs s’est un peu effritée (35,4% à 33,9%). Également une baisse de marge pour le beurre chez les éleveurs (51,3% à 48,7%) mais cette fois-ci la marge industrielle baisse et celle des distributeurs augmente. Enfin, pour l’emmental la part de marge des producteurs baisse (37,9% à 34,1%), celle des industriels augmente et celle des distributeurs est stable. En revanche, si l’on prend comme référence le début 2005, la part de marge des producteurs a augmenté si l’on considère l’emmental et les yaourts ; elle baisse pour le lait UHT et le beurre. Dans un communiqué, la FNSEA et les JA ont demandé des précisions supplémentaires, tout en relevant que « c’est donc bien le prix payé au producteur qui sert de variable d’ajustement. »

L’industrie n’est pas laissée pour compte
Quoiqu’en difficulté aujourd’hui, l’industrie n’a pas été le laissé-pour-compte des marges au sein de la filière laitière. Voilà ce qu’on peut déduire des chiffres de l’observatoire des prix et des marges si on remonte la période de référence à 2005. Exemple, le lait UHT : en 2005, 34 % des marges revenaient à l’industriel ; aujourd’hui, sa part est de 52 % ; celle du distributeur est passée de 28% à 17%. Autre exemple, le yaourt nature. Là encore, la part de l’industriel a progressé, de 42% à 46%. C’est le distributeur qui s’est plutôt serré la ceinture (40% à 34%). Tandis que la part de l’industriel a légèrement baissé pour le beurre (15% à 12%) elle est restée très stable pour l’emmental (30%). En fait, deux facteurs semblent influencer ces évolutions : d’une part les prix internationaux des produits laitiers, la hausse de fin 2007 expliquant la pointe de part de marge des producteurs fin 2007 ; d’autre part le rapport de force entre acteurs de la filière et le plus ou moins bon fonctionnement de l’accord interprofessionnel.

Distributeurs, entre marge commerciale et rentabilité
L’observatoire des prix donne enfin d’intéressantes indications sur la rentabilité du rayon des produits laitiers des grandes surfaces. Alors que le taux de marge commerciale (marge/achats) était de l’ordre de 19% jusqu’en 2004, il a diminué autour de 18% en 2006. La marge elle-même, de l’ordre de 28% en 2009, est utilisée pour des frais de personnel (9%), le transport (6%) et les frais généraux (8%). Le résultat net résiduel est alors de 3,3%.

(1) Documents consultables sur l’adresse internet : http : //www. franceagrimer. fr/FAMObs. htm

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