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Volailles Baisse des restitutions à l’export : la filière volaille de chair bat de l’aile

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La baisse des restitutions à l’export pour la viande de volaille mobilise les professionnels de la filière. C’est au cours d’une journée « Volailles de chair, la fin des turbulences ? » organisée par l’Association française des techniciens de l’alimentation et des productions animales (Aftaa) à Angers le 4 décembre, qu’ils ont pu exprimer ces inquiétudes.

La baisse des restitutions à l’export de la viande de volailles inquiète les professionnels d’une filière, qui tire à peine les leçons de la chute du volailler Doux. C’est en tout cas un des sujets brûlants qui ont été mis sur la table lors d’une journée « Volailles de chair, la fin des turbulences ? » organisée par l’Association française des techniciens de l’alimentation et des productions animales (Aftaa) à Angers, le 4 décembre. Pour rappel, les restitutions à l’export de viande de volaille sont passées de 325 à 217 euros la tonne, le 18 octobre dernier. La Commission européenne justifie cette baisse par une augmentation des prix sur le marché international. Les niveaux atteints ne permettaient plus de justifier ce soutien à l’export. Quoi qu’il en soit, le changement n’est pas pour rassurer la filière sur l’avenir d’un débouché stratégique.
Sans les restitutions à l'export, la balance commerciale de la filière volailles de chair est négative. « La balance commerciale française en volailles de chair était de 1,2 milliard d'euros en 2000. Aujourd'hui, elle est de 240 millions. Et sans les restitutions à l’export, elle est négative », a expliqué Pascale Magdelaine, directrice du service économique d’Itavi (Institut technique de l'aviculture) le 4 décembre à Angers. C'est au cours de cette journée que ces inquiétudes ont aussi été exprimées par Gilles Huttepain, président de la Fédération des industries avicoles (FIA) : « Le grand export est une opportunité. Il va falloir se battre pour les restitutions ».

Des échanges internationaux qui ont quadruplé

Des inquiétudes sur les parts de marché mondial qui, en outre, s’inscrivent dans un contexte de multiplication des échanges. « Les échanges de viande de volailles ont quasiment quadruplé en 20 ans », constate Pascale Magdelaine. La tendance devrait se poursuivre. De fait, elle est entrainée par la hausse de la consommation dans des pays qui ne produisent pas suffisamment pour subvenir à la demande de leur population. C’est le cas de la Chine par exemple. Et pour le moment, les premiers exportateurs de viande de volailles restent le Brésil et les Etats-Unis. Pour rappel, depuis les accords de Marrakech signés en 1994, l’Union européenne a perdu des parts de marché.
« Nous sommes passés de 20 à 10%, quand le Brésil, par exemple, est passé de 14% à 32% », analysent les experts. Sur la nature des productions exportées, une des forces du Brésil qui a été rappelée dans la journée du 4 décembre, c’est que « les producteurs ont su adapter l’offre à la demande ». En termes de production aussi, le réveil est urgent pour la filière française. « En 2011, la Pologne est passée devant nous. Globalement, nous déclinons », souligne Gilles Huttepain. La filière volaille de chair n’est pas aveugle : la production augmente, les échanges se multiplient et la demande aussi évolue. « Aujourd’hui, sur le marché mondial, le prix d’un filet de poulet peut-être moins cher que des pattes de poulet », appuye Gilles Huttepain. Si pour les professionnels, la stratégie de l’export pays tiers est une opportunité à ne pas manquer, elle reste fragile et à adapter. Dans un tableau qui semble bien sombre, Pascale Magdelaine rappelle tout de même qu’en 2000, l’écart des coûts de production entre la France et le Brésil était de 75 à 80%. Aujourd’hui, il est de 48%.

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