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Produits frais/Stratégie Bakkavör jette l’éponge en France mais sort de l’ornière en Europe

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Alors que Bakkavör finalise la cession de son activité France (640 personnes et un chiffre d’affaires de 130 millions d’euros) à la coopérative Agrial, le groupe spécialisé dans les produits transformés frais (plats, salades 4e gamme, sauces,…) prêts à l’emploi, émerge d’une période tumultueuse, provoquée par le krach islandais de 2008. Il vient de transférer son siège à Londres, symbole du renouveau de cette entreprise de 1,5 milliard d’euros, née en Islande d’une affaire d’exportation de poisson qui fournit aujourd’hui les plus grandes enseignes de distribution et de restauration (Tesco, Mc Donald).

La sortie du marché français correspond à un moment charnière dans la vie de l’entreprise Bakkavör, spécialiste des produits frais prêt à l’emploi, commercialisés sous marque de distributeur. Créée en 1966, par les frères Agust et Lydur Gudmundsson, l’entreprise a grossi rapidement dans les années 2000. Elle s’est hissée au premier rang du marché anglais grâce au rachat de Katsouris Fresh Foods in UK, Geest PLC,…. Elle détient une position de leader sur 12 des 16 familles de produits où elle est présente sur son marché domestique et fournit les plus grandes enseignes européennes (Tesco, McDonald, Carrefour,…). Avec 57 sites européens, Bakkavör réalise, en 2011, un chiffre d’affaires de 1,68 milliard de livres (2,104 milliards d’euros) avec plus de 18 000 salariés dans 9 pays.

Victime de la crise islandaise

Les bases de cette croissance ont été mises à mal par l’effondrement du système financier islandais en 2008. À l’époque, les fondateurs avaient dû accepter de laisser une partie du capital aux créanciers (des banques et des fonds de pension). Ils avaient été vivement critiqués pour leur politique de dividendes qui avantageait outrageusement les actionnaires, selon un rapport parlementaire, et notamment Bakkabræður, leur holding néerlandaise. Au terme d’un accord, conclu il y a deux ans, ils devaient assurer le management du groupe pour rembourser leurs dettes avec des taux d’intérêts élevés afin de conserver la propriété de l’entreprise. Depuis le début de l’année, même si les résultats n’ont pas été à la hauteur, les managers ont été autorisés à racheter 25% du capital. De leur côté, pour renforcer le capital social, les établissements prêteurs ont transformés leurs créances en action nouvelle. Et une partie d’entre eux (Pension Fund for State Employees, MP Bank …) ont même accepté de céder leurs titres aux managers. Agust et Lydur Gudmundsson seraient ainsi montés dernièrement à 40% du capital de Bakkavör, d’après le journal local, Fréttablaðið. Cela ne fait pas l’affaire des autres créanciers (Banque Arion, Caisse de retraite de Commerce, Fonds de pension Gildi Fonds …). Ces derniers s’opposent à une montée en puissance des frères Gudmundsson au capital.
En dépit de ces démêlées financières et malgré un contexte concurrentiel difficile, Bakkavör s’est restructuré et a maintenu sa croissance en 2012, lançant 1400 nouveaux produits. Le 8 novembre, Agust Gudmundsson, CEO se félicitait des résultats du troisième trimestre de 2012. Bakkavör réalise un bénéfice net de 2,8 millions de livres (3,5 millions d’€) contre une perte de 5,7 millions de livres (7,1 millions €) l’an passé. Ce résultat a été obtenu grâce à une augmentation du bénéfice opérationnel et à la réduction des frais financiers.

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