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Banane : l’AIB veut « développer le potentiel » de consommation en France

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L’Association interprofessionnelle de la banane ne cache pas son objectif. Créée en 2012 mais reconnue officiellement en 2016, cette organisation rassemblant toutes les strates de la filière (producteurs, importateurs, murisseurs, grossistes, primeurs, distributeurs) s’est fixé pour ambition « d’augmenter la consommation de banane sur le marché français », a déclaré son président Bruno Huord lors d’une conférence de presse jeudi 14 juin. Alors que la consommation moyenne de ce fruit est de 11,5 kg par habitant en Europe, elle n’est que de 8,5 kg en France. « Il y a donc un potentiel de 3 kg à aller chercher », explique-il et cela malgré une légère augmentation (+1,4 %) de la consommation en volume par ménage à 13,37 kg l’année dernière. Parallèlement à la consommation, l’offre de banane est de plus en plus importante. L’approvisionnement en France a augmenté de 5 % l’année dernière, avec près de 52 % de parts de marché pour la banane ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) et 23 % pour la banane « dollars » (Colombie, Costa Rica et Équateur). La banane de Guadeloupe et Martinique (BGM) représente, elle, 20 % de part de marché, en recul par rapport aux années précédentes suite aux cyclones ayant frappé les deux îles l’année dernière.

Au-delà de l’origine géographique, l’offre s’est diversifiée. « La banane bio ou équitable, qui n’existait pas il y a 10 ans, représente aujourd’hui près de 10 % de parts de marché », relève Gauthier Fischel, vice-président de l’AIB. « Celle-ci est venue en complément de la banane classique. C’est ce qui s’était déjà produit sur le marché anglais où la consommation est passée de 6 kg par personne dans les années 90 à 16 kg en moyenne aujourd’hui », ajoute-t-il. « On sent dans nos magasins qu’il y a un vrai besoin pour ce type de produit », confirme George Daniel, représentant de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), alors que la banane est le deuxième fruit le plus consommé par les Français. « Mais pour cela il faut une vraie offre qui passe par une segmentation encore plus forte », ajoute-t-il en imaginant des linéaires aussi importants pour la banane que pour la pomme.

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L’AIB veut favoriser la consommation en mettant en avant les apports de la banane à travers des actions de communication auprès des professionnels de santé et de la nutrition. Elle vient également de créer un observatoire du marché en lien avec le Cirad. L’une de ses tâches prioritaires sera notamment « de construire un indicateur de marché » afin de disposer « d’une base d’appréciation objective et partagée », qui n’existe pas aujourd’hui.