La filiale au Panama du géant américain de la banane Chiquita Brands va licencier tout son personnel restant, soit 1 600 personnes, après plus d’un mois de grève contre une réforme des retraites, a annoncé le gouvernement de droite, le 2 juin. « C’est un coup très dur » pour l’emploi, a déclaré Jackeline Muñoz, la ministre panaméenne du Travail, qui s’était rendue sur le terrain avec d’autres ministres pour négocier la fin de la grève. Le mouvement social aurait conduit, selon Chiquita, à au moins 75 millions de dollars de pertes et, en mai, l’entreprise avait déjà annoncé le licenciement de tous ses travailleurs journaliers pour « abandon injustifié du travail », ainsi que la cessation d’activité de son centre de production de Changuinola, dans une province caribéenne frontalière du Costa Rica. Un tribunal panaméen a déclaré « illégale » la grève des travailleurs en question. Lors des négociations avec les syndicats, le gouvernement a de son côté accepté d’élaborer un projet de loi pour rétablir les avantages sociaux des employés des plantations de bananes (en matière de pensions et services de santé). Mais, alors que la grève a aussi conduit au blocage de plusieurs routes de cette région touristique, il conditionne l’examen au Parlement d’un tel texte à la réouverture des routes, ce que les syndicats refusent tant que le texte n’est pas approuvé.
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Au-delà des seuls travailleurs du secteur de la banane, le Panama est confronté à une grève des travailleurs de la construction, et des enseignants des écoles publiques ont également observé des arrêts de travail. Parmi les motifs des manifestations figure également un accord avec Washington permettant le déploiement de troupes américaines dans le pays pour contribuer à la protection du canal de Panama.