« C’est une demi-mesure », a commenté, en conférence de presse le 25 février, Pierre Monteux, directeur général de l’UGPBan (groupements de producteurs de bananes de Guadeloupe et Martinique), évoquant la proposition de loi (PPL) du député Jean-Luc Fugit (Ensemble) visant à réautoriser, sous conditions, l’épandage de pesticides par drones, qui a été adoptée par l’Assemblée nationale en première lecture le 27 janvier. Comme la PPL sur les Entraves du sénateur Laurent Duplomb (LR), qui en a repris le contenu, cette PPL ne réautorise l’épandage par drone, notamment sur les bananeraies, que pour des produits de biocontrôle, des produits autorisés en agriculture biologique et des produits dits à faible risque. Une liste de produits trop restrictive, selon Pierre Monteux, qui ne permettrait pas de lutter correctement contre la cercosporiose noire (champignon) et qui obligerait à faire coexister des traitements aériens et terrestres (fongicides). « Il est incompréhensible d’exclure de l’épandage aérien des produits autorisés par voie terrestre », regrette-t-il.
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Sur un plan plus général, l’UGPBan n’a pas mâché ses mots pour tirer la sonnette d’alarme, évoquant une « crise existentielle » de sa filière. En dix ans, la production locale a chuté de 250 000 à 186 000 tonnes, selon les producteurs. Ils jugent la réglementation trop contraignante, source d’un « manque de compétitivité », citant un coût de production de 1,50 euro le kilo contre 50 à 60 centimes pour la banane venant d’Amérique latine ou d’Afrique. L’UGPBan a aussi rappelé miser sur les NGT pour introduire des bananiers résistants à la cercosporiose, Pierre Monteux espérant une révision de la directive européenne sur ces nouvelles variétés d’ici 2026 et une commercialisation en 2028. Pour rappel, sur les 800 000 tonnes de bananes consommées sur le marché français, 22 % viennent des Antilles françaises, 40 % des pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et 38 % d’Amérique latine.