Les limites politiques et financières de l’exercice étaient déjà posées. Les mesures supplémentaires annoncées contre la crise de l’élevage, mais aussi des fruits et légumes, avaient été bétonnées par la Commission européenne et la présidence néerlandaise de l’UE, sans que les ministres de l’agriculture, qui avaient tout de même fait part de leurs suggestions auparavant, puissent y rajouter quoi que ce soit lors de leur réunion du 14 mars. Les auteurs de ce nouveau plan d’urgence, qui n’en est pas vraiment un, sont peu interventionnistes et redoutent tout débordement budgétaire. Ils ont voulu néanmoins, sans trop concéder, répondre à l’insistance de la France qui réclamait le déclenchement de la dérogation permettant à la filière laitière de conclure des accords volontaires de régulation de l’offre. Le problème est que ce désormais fameux article 222 a été conçu, au départ, pour des productions d’envergure limitée, avec des acteurs ayant la capacité d’infléchir l’évolution du marché. Pour le lait, la France va maintenant devoir tenter de convaincre une cohorte hétéroclite d’intervenants européens dont un grand nombre ne veut même pas lever le petit doigt. De plus, l’UE en tant que telle n’ayant ni les moyens ni l’envie d’offrir des incitations financières pour cette tentative de régulation, les budgets nationaux devront être appelés à l’aide. Et, sur ce point là, Bruxelles n’est pas avare puisqu’il ne s’agit pas de son argent. Sa décision la plus notable est en effet l’autorisation temporaire de soutiens d’État à hauteur de 15 000 € par agriculteur sur une année. Ce qui fait craindre au ministre wallon, très remonté, la « renationalisation partielle de la première des politiques européennes ».

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