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Baoba, des applis de gestion tournées vers l'allaitant

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Les deux créateurs de la start-up Baoba, hébergée notamment à la Station F (Paris 13ème),  sont partis du constat suivant : les logiciels de gestion sont bien adaptés aux agriculteurs spécialisés en grandes cultures ou en production laitière. Mais ils le sont moins pour la production allaitante (viande bovine, ovine, ou caprine), en particulier pour les exploitations diversifiées.

C’est dans cette optique que Frédérick Mouvier, ancien responsable informatique chez Kubota (à droite ci-dessous), et Mathieu Godet, ancien ingénieur agronome chez Terres Inovia (à gauche), ont lancé leurs premiers outils numériques en juin dernier. Dans les faits, cela se concrétise d'abord par un tarif établi en fonction du nombre d'animaux ruminants (ovins ou caprins) sur l'exploitation.

Une première brique a été commercialisée en tant que telle, qui consiste à automatiser l’identification, la pesée et le tri des animaux, grâce à des boucles RFID, en partenariat avec la société Maréchalle Pesage et AgroParistech. Autour de cette brique, les deux ingénieurs ont développé une application (mobile et web) de gestion complète (troupeau et parcellaire), permettant de réaliser ses obligations réglementaires, suivre la production, le sanitaire, jusqu’à l’alimentation.

«Une attention particulière a été portée sur l’ergonomie de l’appli ; sur mobile, les lots d’animaux peuvent être déplacés d’une parcelle à une autre simplement avec le doigt, et l’enregistrement du mouvement est automatique », explique Frédérick Mouvier.
Parmi les briques en développement : le pâturage de précision (optimisation du temps de pâturage par lot ou à l’animal). «Nous sommes l’une des solutions qui émergent actuellement sur le sujet », explique Mathieu Godet. La start-up a été lauréate de deux appels à projet lui permettant d’avancer sur ce sujet ; celui de l'Institut national de l'information géographique (IGN) et de l'AgriFarmLab (chambres d’agriculture de Vendée).

Le business model de Baoba n’est pas encore figé. Il repose aujourd’hui sur quatre piliers. Des abonnements mensuels au logiciel ; de la vente de matériels connectés (bâton de lecture, indicateur de pesée…) ; des offres sur-mesure d’adaptation de la plateforme pour de grandes entreprises (coopératives, négoces, industriels…), qui deviennent ensuite distributeurs de Baoba. Et des offres de formation au pilotage des exploitations. Elle vient de décrocher l’animation de 60h de formation à l’agtech à l'Ecole des nouvelles compétences.

Jusqu’ici, la start-up n’a pas eu recours à des financements privés externes, l’amorçage a été réalisé grâce à des fonds publics (France initiative, France Active Yvelines, Région Île-de-France, L'Europe s'engage). Les deux associés prévoient un premier tour de « love money/business angels » en 2020, puis une levée de fonds plus importante environ un an plus tard. Ils revendiquent aujourd’hui 200 utilisateurs (pré-commande inclus), et visent 400 l’an prochain.

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