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Chocolat/Résultats Barry Callebaut en forte croissance sur 2009/2010

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Barry Callebaut a réalisé une très bonne année 2009/2010 (clôture au 31 août) sur un marché mondial en berne en termes de volumes. L’Europe (58,3 % du CA) et les produits gourmet & spécialités (13,6 % du CA), ont profité de l’effet des acquisitions de Chocovic et Eurogran. Le chocolatier est confiant pour l’exercice en cours, même s’il anticipe un environnement économique encore difficile et prévoit une croissance volume entre 6 et 8 %, après 7,6 % en 2009 sur le dernier exercice et 4,1 % sur 2008/2009.

Barry Callebaut a réalisé une bonne année 2009/2010 malgré des conditions de marché difficile. Il faut aussi noter que contrairement à de nombreux acteurs de l’agroalimentaire, il ne profitait pas particulièrement d’un effet de base favorable.
Le groupe suisse affiche une croissance en volume de 7,6 %, tandis que le marché mondial de la confiserie en chocolat est resté presque stable (+0,3 %). Le chiffre d’affaires, 5,2 Md CHF progresse de 11,3 % en monnaies locales (6,8 % en CHF) grâce à la croissance du volume des ventes et à l’augmentation du prix moyen des matières premières.
Le résultat opérationnel, à 370,4 M CHF, progresse de 7,9 % en monnaies locales (5,6 % en CHF) et le résultat net, à 251,5 M CHF, gagne 13,5 % en monnaies locales (10,9 % en CHF). « De nouveaux gains d’efficience opérationnelle, une meilleure utilisation des capacités ainsi que des programmes de gestion stricte des coûts ont plus que compensé la faiblesse prévue du ratio combiné du cacao (1), l’effet négatif des fluctuations de change et le nombre moins élevé de gains non récurrents par rapport à l’année précédente », indique un communiqué.

La croissance en Europe soutenue par les opérations de croissance externe
L’Europe, premier marché du groupe (58,3 % du chiffre d’affaires) a progressé de 4,8 % en monnaies locales (4,1 % en volume) mais régressé de 0,5 % en CHF, à 3 Mds CHF, alors même que l’acquisition de Chocovic a apporté 42,5 M CHF de chiffre d’affaires additionnel sur cette zone (chiffres consolidés à partir du 23 décembre) et que la consolidation d’Eurogran, acquis en juin 2009 au Danemark, doit également être prise en compte (40 M CHF de CA annoncés lors du rachat). A noter, les volumes ont progressé de 11,1 % en Europe orientale alors que le marché a chuté de 5,3 %.

Fort dynamisme pour les produits semi-finis, les Etats-Unis et l’Asie
C’est la division approvisionnement global et cacao (produits semi-finis : beurre de cacao et chocolat en poudre), qui représente 18,4 % de l’activité, qui a connu la croissance la plus forte. A 962,5 M CHF, elle a progressé de 29,9 % en monnaies locales (28,5 % en CHF). En cause, des volumes en progression de 8,2 %, du fait notamment d’une forte demande de poudre, mais surtout des prix de matières premières (chocolat, sucre, lait en poudre écrémé) très élevés.
La région Amériques (19,14 % du CA) affiche également une belle performance avec une croissance de 15,7 % en monnaies locales (10,8 % en CHF) pour une hausse des volumes de 15,6 % liée à des contrats à long terme avec des clients clés et à la croissance des produits gourmets.
La région Asie-Pacifique ne pèse que 4 % du chiffre d’affaires mais elle a enregistré une croissance record de 23,2 % en monnaies locales (21,4 % en CHF) pour atteindre 211,1 M CHF, et ce malgré une consommation atone au Japon, l’un des marchés les plus importants de la zone.

Chocovic et Eurograin boostent les Produits Gourmets et Spécialités
En termes de produits c’est le segment Produits Gourmets et Spécialités, soit 13,6 % de l’activité, qui enregistre la plus forte croissance avec une progression de 19,4 % en monnaies locales (14,3 % en CHF). Une croissance fortement soutenue par les acquisitions d’Eurogran au Danemark (juin 2009) et de Chocovic en Espagne (décembre 2009). La consolidation de Chocovic à dater du 23 décembre apporte à elle seule 42,5 M CHF sur les 707,6 M CHF de cette branche. En année complète, Chocovic représentera plus de 10 % de l’activité. Eurogran, acquis en juin 2009 aura apporté un chiffre d’affaires additionnel sur la majeure partie de l’année. Pour rappel, le chiffre d’affaires annoncé au moment de l’acquisition était de 40 M CHF.
Ces produits à destination des professionnels (boulangeries, CHR…) sont d’ailleurs considérés comme stratégiques par le groupe, qui en a revu l’organisation. Des équipes de direction dédiées ont été affectées aux activités Gourmet et Spécialités d’Europe occidentale et d’Europe du Nord, afin de mieux appréhender ces deux marchés, qui sont les plus grands.
Les produits pour clients industriels (chocolat solide ou liquide), première activité du groupe à 2,7 Mds CHF (soit 52 % du chiffre d’affaires), tirent également la croissance Ils ont progressé de 9,6 % en monnaies locales (4,3 % en CHF) pour une croissance en volume de 8,3 %. Barry Callebaut met en avant « une solide croissance dans toutes les régions, la mise en place de contrats de sous-traitance signés antérieurement et de fortes ventes de décorations ainsi que de pâtes à glacer et de fourrages ».
L’activité Produits pour les consommateurs (15,9 % du CA) a décru de 4,6 % en monnaies et locales (-8,8 % en CHF) du fait du « désinvestissement des activités de consommation en Asie un an auparavant » et malgré le reclassement de certains produits pour industriels dans cette catégorie.

Perspectives 2010/2011
Juergen Steinemann, CEO, se montre « prudemment optimiste » pour 2010/2011. Tablant sur une reprise inégale selon les zones géographiques, il prévoit une croissance mondiale du marché du chocolat de 1-2 %, en deçà de la moyenne annuelle de long terme de 2-3 %. Dans un contexte de forte volatilité des matières premières, dont il estime qu’elles resteront à un niveau élevé, Juergen Steinemann estime pouvoir assurer une croissance volume de 6 à 8 % et une croissance du résultat opérationnel en monnaies locales en ligne avec cette croissance (sauf imprévus majeurs). Les priorités stratégiques consistent notamment à « accélérer la croissance des activités Gourmet », « mettre en œuvre les récents accords de sous-traitance est de partenariat stratégique », à l’instar du contrat conclu avec Kraft en septembre, et « préparer la prochaine vague de croissance géographique dans des marchés émergents ». Autant dire que de nouvelles acquisitions sont à prévoir.

(1) prix de vente combiné du beurre et de la poudre de cacao par rapport au prix des fèves de cacao.

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