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Chocolat/Acquisition Barry Callebaut investit dans la transformation de cacao

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Avec la reprise de la division ingrédients de Petra Foods, Barry Callebaut se renforce très significativement dans la transformation de cacao mais aussi dans les pays émergents. Au global, son volume de vente va augmenter de près de 20 %. Cette opération concerne, à la marge, le chocolatier français Cémoi, qui a créé une joint venture avec Petra Foods et l’américain Blommer, dans l’approvisionnement en fèves de cacao.

Barry Callebaut annonce un accord avec Petra Foods (Singapour) en vue de l’acquisition de la division Cocoa Ingredients de ce dernier. Cette opération lui permet de se renforcer considérablement dans la transformation de cacao mais aussi de voir son volume de vente dans les pays émergents augmenter de 65 %, leur part passant de 24 % à 31 %, annonce le groupe suisse, leader mondial du chocolat industriel. Cette acquisition permet par ailleurs de faire de l’Asie une base forte d’approvisionnement en cacao, à côté de l’Afrique occidentale et de devenir « un acteur proactif du marché en forte croissance de la poudre de cacao (+ 2 à 5 % par an) », précise le communiqué. Au global, elle va augmenter le chiffre d’affaires de Barry Callebaut de près de 25 % (à pondérer en fonction du prix des produits à base de cacao) et ses volumes de vente de près de 25 %. La rentabilité de la nouvelle entité devrait en revanche se dégrader à court terme.

Une transaction à près d’1 Md de dollars US

« Une position plus fortement intégrée dans l’approvisionnement en cacao durable et dans sa transformation est importante pour que nos activités dans le chocolat continuent de croître plus que proportionnellement, en particulier dans les marchés émergents », a indiqué Juergen Steinemann, directeur général de Barry Callebaut, cité dans le communiqué. La transaction comporte par ailleurs un accord de fourniture à long terme avec la division Branded Consumers de Petra Foods pour couvrir 75% de ses besoins en cacao. Le montant de la transaction s’élève à 950 M USD (hors dettes). Sa finalisation, prévue pour l’été 2013, est soumise à l’approbation des actionnaires de Petra Foods ainsi qu’à celle des autorités réglementaires. La valeur comptable des actifs nets qui devront être repris s’élève à 784 M USD (737 M CHF), au 30 septembre 2012[2].

Une rentabilité à restaurer

Le potentiel de synergie créé par l’intégration a été chiffré à 30 à 35 M CHF (l’optimisation d’une plateforme d’achat améliorée, des flux de produits ainsi que des frais généraux). Il devrait être épuisé quatre ans après l’achèvement de la transaction. La réalisation de ces synergies entraînera des coûts non récurrents estimés à 10 à 15 M CHF, répartis de manière égale sur les deux années suivant la transaction. En outre, Barry Callebaut estime les coûts de transaction non récurrents à environ 10 M CHF.
En termes de perspective, Barry Callebaut se fixe les objectifs suivants : « croissance moyenne du volume de 6-8% par an jusqu’en 2015/16 et rétablissement à la fin de la même période de l’EBIT par tonne au niveau Barry Callebaut d’avant l’acquisition, sauf imprévus majeurs ». La marge d’Ebit de Barry Callebaut s’est établie à 7,3 % sur le dernier exercice, contre 3,9 % pour la division ingrédients de Petra Foods.

Quel impact sur la joint-venture Cémoi / Blommer / Petra Food ?

À la marge, cette opération concerne le chocolatier français Cémoi. En 2010, il s’associe à Blommer (États-Unis) et Petra Food au sein de la joint-venture PACTS (Processors alliance for traceability and sustainability). À l’époque, Cémoi explique pouvoir mener ce projet seul, mais vouloir y associer des partenaires pour former plus de planteurs plus rapidement. « Et pour Blommer et Petra Food, c’est une opportunité de développer leur connaissance de la démarche filière, que contrairement à nous, ils ne maîtrisent pas », nous avait expliqué Christine Eysseric-Rocca, responsable de la communication chez Cémoi. « Trois millions d’euros d’investissements sont prévus en Côte d’Ivoire pour améliorer le rendement des cacaoyers (notamment à l’aide du greffage) et la qualité des fèves. 12 centres de fermentation ont déjà été créés, afin que les planteurs puissent se consacrer à leur plantation mais aussi réduire les pertes de matière avec des process de fermentation et de séchage contrôlés, sur un objectif de 30 en 2015. Pour ces trois entreprises, l’enjeu est de retenir les planteurs, face à la concurrence de la culture de l’hévéa, mais aussi de convaincre les jeunes de s’engager dans cette production, pour répondre à une demande mondiale croissante, tirée par l’évolution des habitudes de consommation dans les pays émergents. Cette politique a généré une demande de produits semi-finis de fève de cacao en direct, pierre supplémentaire du développement à l’international, même si les volumes restent modestes. À terme, 25 à 30 % des approvisionnements de Cémoi devraient passer par ce circuit des centres de fermentation », écrivions-nous en mars 2012, deux ans après l’annonce de ce partenariat. La question se pose donc de savoir quel sera l’impact de la reprise de la division ingrédients de Petra Foods par Barry Callebaut pour Cémoi et Blommer.

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