Barry Callebaut et Nestlé viennent d’annoncer leur intention de nouer un partenariat élargi, comprenant la cession par Nestlé de son site de Dijon, en Côte-d’Or, et celui de San Sisto, en Italie, représentant 100 000 tonnes de capacité de production. Le contrat inclurait également la fourniture de chocolat liquide à des usines du groupe suisse en Russie. Soumis à la consultation des instances représentatives du personnel et à l’aboutissement des procédures réglementaires, ce partenariat devrait être effectif dans le courant de l’été prochain. Rappelons qu’en 2006, un ancien cadre de Barry Callebaut, Jean Chenal, a créé la société Net Cacao pour reprendre l’activité de chocolat de l’usine Nestlé de Saint-Menet
Les syndicats s’inquiétaient récemment de l’éventuelle fermeture de l’usine du groupe Nestlé située à Dijon en Côte-d’Or. Il n’en sera probablement plus question puisque Barry Callebaut et Nestlé ont annoncé leur intention de nouer une collaboration renforcée. Ce partenariat comprendrait la reprise du site de Dijon et de celui de San Sisto, en Italie, mais également un contrat de fourniture de chocolat liquide aux usines de Nestlé en Russie.
De son côté la CGT a déploré dans un communiqué le « désengagement industriel » du groupe suisse qui devient « une société de négoce ». La fédération nationale agroalimentaire et forestière (Fnaf)-CGT dénonce que le groupe « transfère à d’autres la responsabilité de faire les restructurations, qui d’évidence ne manqueront pas d’arriver, se gardant ainsi une image de marque ».
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25 000 tonnes additionnelles
Le site de Dijon, en Côte-d’Or, a vu sa production baisser de 30 000 à 18 000 tonnes en dix ans. Les barres chocolatées Lion constituaient 60 % de la production, le solde étant consacré notamment à des tablettes de chocolat Crunch. « La baisse de la consommation de barres chocolatées lourdes a pesé sur la production de ce site. Elles sont beaucoup moins au goût du jour des consommateurs », explique Valérie Frapier, porte-parole de Nestlé France. « L’élargissement de la gamme de produits fabriqués dans l’usine de Dijon devrait y inverser le déclin des volumes de production et donc améliorer la compétitivité du site », précise le groupe suisse. Il n’est donc pas question pour Nestlé d’abandonner sa marque de barres chocolatées Lion. « C’est notre deuxième marque de confiserie au sein du groupe, derrière Kit-Kat. Il n’est pas question de s’en séparer. Au contraire, nous travaillons actuellement sur l’allégement de notre recette qui devrait aboutir à un lancement d’ici à la fin de l’année 2007 », poursuit Valérie Frapier. Barry Callebaut reprendrait donc cette production et viendrait y ajouter ses propres lignes de production qui amèneraient un additionnel de 25 000 tonnes au total sur les sites de Dijon et de San Sisto, la répartition de la production étant en cours de réflexion. Nestlé fabrique essentiellement de la liqueur de cacao et du chocolat sur son site italien avec une centaine de personnes. Les postes de ces deux unités de production seront conservés. Ce dernier permettrait à Barry Callebaut de profiter des « opportunités de croissance de la zone méditerranéenne ».
Fournisseur en Russie
Le deuxième terme de l’accord de partenariat porte sur la livraison aux usines Nestlé en Russie d’une quantité de 43 000 tonnes de chocolat liquide par an. Pour Barry Callebaut, cette transaction « constituerait une étape importante dans sa stratégie qui vise à être le partenaire privilégié pour la co-fabrication de produits de consommation de marques dans le cadre d’externalisation. L’accord de fourniture accroîtrait le volume de ventes de Barry Callebaut, dès le prochain exercice 2007-2008, moyennant un investissement limité » précise le chocolatier. Avec un chiffre d’affaires de plus de 2,7 Mds EUR en 2005-2006, Barry Callebaut est le leader mondial des fabricants de produits à base de cacao et de chocolat de qualité supérieure ainsi que de produits de confiserie. Il possède une trentaine de sites de production répartis dans 25 pays et emploie 8 000 personnes. Barry Callebaut fournit du chocolat aussi bien aux industriels, qu’aux artisans et aux distributeurs. Il possède également ses propres marques dont la plus connue, Van Houten. Déjà partenaires, les deux groupes ne souhaitent pour l’instant pas communiquer plus avant sur l’opération qui est soumise à l’accord des autorités compétentes de concurrence et des instances représentatives du personnel et devrait aboutir au cours de l’été prochain.