L’allemand BASF, numéro quatre mondial de l’agrochimie et semences, accélère dans l’agroécologie, après le rachat de plusieurs activités à son concurrent Bayer. Un développement du biocontrôle, du digital, la création de nouveaux itinéraires techniques figurent au cœur de son modèle d’entreprise.
« La part des solutions BASF contribuant à la démarche agroécologique devrait passer de 17 % en 2019 à 25 % en 2025 », a indiqué le directeur Agriculture durable Jean-Marc Petat, le 24 janvier en conférence de presse. Dans le cadre de sa stratégie 2030, le groupe mise sur l’essor d’un segment intermédiaire entre l’agriculture biologique et l’agriculture exportatrice. « L’agriculture durable pèsera demain en France 35 % du marché », autour d’enjeux sur le local, la certification HVE (Haute valeur environnementale), des cahiers des charges avec les distributeurs, selon lui.
Ce coup d’accélérateur de BASF dans l’agroécologie intervient après la reprise à Bayer de plusieurs activités. Il s’agit de « la plus grosse acquisition » jamais réalisée par le groupe, pour un montant de 7,6 milliards d’euros. Les activités rachetées pèsent un chiffre d’affaires supérieur à 2 milliards d’euros. Cinq nouveaux sites de production chimique et de formulation ont rejoint BASF, plus de 200 usines de production de semences et stations de sélection, 17 sites de recherche et développement. Désormais, l’agriculture représente plus de 900 millions d’euros d’investissements R&D, soit 40 % de l’enveloppe au sein du groupe pour 11 % de son chiffre d’affaires.
Essor du digital
BASF s’appuie sur la forte croissance du digital. Une stratégie dans laquelle s’inscrit la start-up Xarvio, rachetée à Bayer. Exemple de solution proposée, une appli gratuite identifie les mauvaises herbes, insectes, maladies par une simple photo prise au champ. Les informations partagées au sein d’une communauté servent à contenir les dommages aux cultures. Un autre outil mobile et web permet à l’agriculteur de recevoir des prédictions sur la météo, le stade de croissance et les risques liés aux ravageurs. Xarvio combine la modélisation des maladies et l’analyse d’images satellite, permettant une modulation intra-parcellaire des fongicides, des engrais azotés.
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Une plateforme réunit BASF et des partenaires en aval de l’agriculture pour créer de nouveaux itinéraires techniques culturaux qui intègrent les principes de l’agroécologie. Quatre projets sont en cours, dont un en grandes cultures. Avec la maison vinicole Hauller, il s’agit de créer des cuvées de vin d’Alsace labellisées HVE de niveau 3 pour les magasins Intermarché. Des solutions de biocontrôle sont pour cela utilisées. Avec la maison Ackerman (coopérative Terrena), la stratégie consiste à lancer des cuvées estampillées Nouvelle Agriculture. Cela passe par la confusion sexuelle en substitution d’un insecticide.
12 % de parts de marché dans le biocontrôle
Le groupe BASF continue de développer des solutions de biocontrôle, un marché dont il s’autoproclame leader avec 12 % de parts de marché. Un produit à base de levure, issu de la recherche menée par son partenaire Agrauxine (Lesaffre), a été déployé sur 50 000 ha de vignes en 2018, première année de lancement. 75 000 ha sont visés en 2019. BASF n’est présent que sur quelques segments dans le biocontrôle, en cultures spécialisées. Pour les grandes cultures, si une gamme est envisagée cela viendra « plus tard », a indiqué le DG Nicolas Kerfant. Quatre nouvelles solutions sont annoncées sur 2019, en légumes, vigne, mais aussi colza.
En 2025, 25 % des solutions BASF contribueront à l’agroécologie