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« Bassines » : l’Assemblée se penche sur le dossier

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La commission du développement durable de l’Assemblée nationale a auditionné le président des Chambres d’agriculture de France et deux représentants de FNE concernant les « bassines ». Avec pour les deux parties, des visions aux antipodes l’une de l’autre.

C’est au tour de la commission du développement durable de l’Assemblée nationale de se pencher sur les bassines. « Une pratique particulière, qui a suscité des réactions contrastées, parfois virulentes », selon les mots euphémiques de Jean-Marc Zulesi, député Renaissance et président de la commission. « Nous sommes conscients qu’il peut s’agir d’un sujet qui peut être très sensible dans un certain nombre de territoires […] Il est dans notre rôle de pouvoir dépasser la polémique, et d’étudier ce sujet de manière aussi dépassionnée et objective que possible », a promis Jean-Marc Zulesi.

Les députés ont reçu Sébastien Windsor, président de Chambres d’agriculture France, Antoine Gatet, vice-président de FNE, et Alexis Guipart, membre du réseau « eau » de FNE. Au cours de ces discussions, deux visions opposées de la gestion de l’eau se sont affrontées. « Afin de rester dans un cadre serein, j’aurais aimé que l’on parle de stockage de l’eau, car le terme bassine est assez connoté », a tenu à préciser Sébastien Windsor en amont de son argumentaire.

Capter l’eau en hiver

Sans surprise, le président des Chambres d’agriculture estime que les réserves « sont alimentées par un captage en hiver, à des périodes de crues […] ce qui se traduit souvent par une amélioration d’un point de vue environnemental ». Il a, par ailleurs, affirmé que la création de réserves n’avait pas pour objectif d’augmenter l’utilisation d’eau, mais devait permettre de « se substituer à des prélèvements souvent faits dans les nappes phréatiques ».

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Une vision que ne partage pas Alexis Guipart, pour qui « l’eau surabondante en hiver est une vue de l’esprit », précisant son importance pour les milieux. « Une crue […] va construire des habitats temporaires nécessaires à la nutrition d’un certain nombre d’organismes », a-t-il par exemple souligné. Et d’ajouter que « cette faune et cette flore ont besoin d’une eau plus abondante en hiver, donc ce n’est pas open bar… ».

Reste que pour Sébastien Windsor, « si demain, on ne cultive pas les fruits et les légumes chez nous », ce sera « l’eau qui vient d’ailleurs que l’on importera dans nos rations alimentaires ». Pour les représentants de FNE, les « déséquilibres quantitatifs » en eau dans les territoires ne sont pas dus aux fruits et légumes mais à la « maïsiculture intensive », qui utilise 20 % de l’eau dédiée à l’agriculture. Les deux associations environnementales dénoncent un « certain modèle agricole, qui s’inscrit dans une « politique de l’offre, avec des besoins de plus en plus importants sur la ressource » en eau. « En dix ans, on a pris 14 % de surfaces agricoles irriguées en plus à l’échelle de la métropole », soutient ainsi Alexis Guipart.

La maïsiculture utilise 20 % de l’eau dédiée à l’agriculture