Trois ans après les violences de Sainte-Soline (Deux-Sèvres), quelques centaines de militants anti-bassines ont manifesté, le 25 mars, à Poitiers, avec un face-à-face tendu et des jets d’œufs lorsqu’ils ont croisé une manifestation concurrente de la Coordination rurale de la Vienne (CR 86), rassemblant une quarantaine d’agriculteurs, a constaté l’AFP. Les policiers ont rapidement formé un cordon pour séparer les manifestants, dans le calme, et le cortège anti-bassines a poursuivi sa marche. « Il y a six mois, déjà, [les agriculteurs] avaient appelé à une contre-manifestation. Cette fois, ils ont recommencé », a déclaré à l’AFP Anne-Morwenn Pastier, du collectif Bassines non merci (BNM) de la Vienne, faisant allusion à une manifestation anti-bassines, fin octobre, à Poitiers perturbée par plusieurs syndicats agricoles. « On n’est pas leurs ennemis. Nous aussi, on est là pour défendre l’agriculture et un juste partage de l’eau », a-t-elle ajouté.
Selon la police, 200 à 300 opposants à ces retenues d’eau se sont rassemblés à Poitiers pour le troisième anniversaire d’une manifestation interdite organisée près de la « méga-bassine » contestée de Sainte-Soline, en mars 2023, qui avait dégénéré en affrontements entre manifestants et gendarmes, avec plusieurs blessés graves. Quatre des manifestants grièvement blessés à Sainte-Soline en 2023 ont vu leur plainte classée sans suite par le parquet de Rennes, mais de nouvelles plaintes ont été déposées en janvier, cette fois avec constitution de partie civile, afin d’obtenir la nomination d’un juge d’instruction. Les détracteurs des « méga-bassines » dénoncent un « accaparement » de l’eau par l’agro-industrie. Les partisans de ces réserves y voient une assurance récolte indispensable face aux sécheresses à répétition.
JJ