Le chiffre de 150 milliards de dollars par an de bénéfices pour l’économie mondiale en cas d’accord à l’OMC, brandi par Pascal Lamy, suscite l’interrogation de certains dirigeants. De leur côté, les ministres de l’Agriculture du G-8 devaient se retrouver pour trois jours, à partir du 18 avril, à Cison di Valmarino (Italie) dans l’espoir de tracer les contours d’un « partenariat global pour l’agriculture et la sécurité alimentaire ».
Les Etats-Unis maintiennent leur engagement à conclure, comme les leaders du G-20 l’ont exprimé lors de leur sommet début avril, un accord « ambitieux et équilibré » dans le cadre du cycle de Doha pour le développement. C’est ce qu’a réaffirmé, le 14 avril à Genève, le représentant adjoint au commerce des Etats-Unis, Peter Allgeier. Toutefois, Washington a apporté son soutien à la demande formulée par l’Inde visant à obtenir des détails sur le chiffre de 150 milliards de dollars par an qui seraient injectés dans l’économie mondiale en cas d’accord, avancé par l’OMC.M. Allgeier a rappelé l’opposition des principaux acteurs économiques américains à un compromis sur la base des propositions formulées à la fin de l’année dernière. Celles-ci sont toujours jugées excessives quant à leurs exigences en matière de réduction des subventions agricoles et aux coupes dans les tarifs douaniers des produits manufacturées qu’elles impliquent de la part des Etats-Unis par rapport aux ouvertures de marché des principales économies émergentes qu’elles apportent.
« Partenariat global pour l’agriculture »
Par ailleurs, les ministres de l’Agriculture du G-8 (Etats-Unis, Canada, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France Italie et Russie) devaient se retrouver à partir du 18 avril à Cison di Valmarino (Italie) pour élaborer un « partenariat global pour l’agriculture et la sécurité alimentaire ». Cette rencontre est la première du genre à se tenir avec un programme spécifique centré sur l’agriculture. Ils devaient être rejoints par les représentants du Brésil, de la Chine, de l’Inde, du Mexique, d’Afrique du Sud, d’Egypte et de la République tchèque pour évoquer la question de la faim dans le monde et de l’impact de la volatilité des marchés agricoles. Le ministre italien de l’Agriculture, Luca Zaia, hôte de la rencontre, avait l’intention de défendre le principe d’une lutte renforcée contre la spéculation dans ce secteur et pour la promotion des identités agricoles locales plutôt que des multinationales. Il espérait parvenir à un manifeste commun des 8 principales économies de la planète en ce sens. Cette rencontre se situe dans la droite ligne de la précédente réunion du G-8 au Japon qui se situait en plein dans la période de flambée des cours et des « émeutes de la faim ».
Le programme de travail
Selon un document préparatoire à cette réunion, les principaux thèmes abordés devaient porter sur :
– le rôle clé de la production agricole ;
– l’augmentation de productivité dans les pays en développement destinée à équilibrer l’offre et la demande ;
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– les investissements et infrastructures nécessaires pour acheminer la production agricole vers les centres urbains ;
– le renforcement des zones rurales ;
– l’amélioration du fonctionnement et de la transparence des marchés ;
– la gestion de stocks internationaux ;
– la lutte contre la spéculation.