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Création variétale Bayer investit 7 M d’euros dans sa station de sélection de blé

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Rachetée à RAGT Semences, la station de Milly-la-Forêt développe un programme visant l’amélioration des rendements du blé et l’utilisation raisonnée des intrants. Bayer CropScience contribue également à BreedWheat, un projet de recherche intégré de la génomique à la sélection.

Bayer a inauguré le 19 juin sa nouvelle station de sélection de blé, à Milly-la-Forêt (Essonne). Rachetée en septembre dernier à RAGT Semences, elle bénéficie d’un investissement de 7 M d’euros sur trois ans. Cela vise à doubler la capacité du laboratoire et de la serre. L’objectif numéro un du programme de sélection est d’accroître le rendement du blé. Autre critère important, la qualité du grain. Mais il s’agit aussi de relever le défi d’une utilisation raisonnée des intrants, via la résistance aux maladies et insectes, la bonne assimilation de l’azote, et de la tolérance à la sécheresse et aux coups de chaleur. La station de Milly-la-Forêt fait partie d’un réseau de sept unités. « C’est l’un des piliers du programme international de sélection de blé mis en place par Bayer CropScience partout dans le monde, de l’Ukraine aux Etats-Unis, en passant par l’Australie, a déclaré Rick Turner, directeur mondial des activités Semences Blé et Oléagineux. Le centre de Milly, comme nos autres stations, s’appuiera sur l’expertise locale et sur un pool génétique parfaitement adapté pour créer les variétés qui répondront le mieux aux besoins du marché local. »

Vers une offre intégrée

À partir de septembre, des expérimentations commenceront sur le colza. Une espèce pour laquelle Bayer revendique un statut de semencier leader en Amérique du Nord. « L’idée est de transférer en Europe nos connaissances acquises en canola OGM sur le colza d’hiver et de variété traditionnelle », a expliqué Franck Garnier, président de Bayer en France. L’introduction des premières variétés commerciales, issues du programme de sélection de la station française, est prévue d’ici la fin de la décennie. Bayer CropScience affiche l’ambition de proposer à terme une offre intégrée. Celle-ci englobera la variété et un programme de protection « à juste dose », respectant les principes d’une agriculture durable. « Nous voulons allier génétique et chimie », a-t-il indiqué, soulignant le savoir-faire du groupe dans la protection des cultures. « Le but est d’adapter le blé aux défis agronomiques. »

L’apport de la génomique

Bayer CropScience met aussi en avant sa participation à BreedWheat. Ce projet de recherche associe les secteurs public et privé, avec un budget estimé à 10 M d’euros. « Nous travaillons sur la sélection de nouvelles variétés de blé en intégrant la génomique », a expliqué la coordinatrice du consortium Catherine Feuillet, directrice de recherche à l’Inra. A l’horizon de 2019, BreedWheat vise notamment l’exploitation de la diversité génétique, en caractérisant 4 600 blés. L’enjeu est de répondre à l’augmentation de la demande mondiale de blé, chiffrée à 40 % d’ici 2030. Problème, le rendement plafonne depuis le milieu des années 90. « La génétique continue de progresser, mais ne compense pas les aléas », a-t-elle insisté. Selon la chercheuse, agir sur la quantité d’azote, la rotation, les pathogènes a peu d’effet. La clé est de mieux adapter la plante aux changements climatiques. « Grâce à la génomique, on dispose d’une boîte à outils pour l’amélioration du blé », a-t-elle estimé.

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