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Behav produit une alternative au cuir à partir du figuier de Barbarie

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Les premiers prototypes de "cuir végétal" de Behav. Crédits : © Behav

Rita Hadjioui et Hind Benchaaboun mettent au point un « cuir végétal » issu des raquettes des figuiers de Barbarie qui poussent en abondance au Maroc. Soutenues par l’IMT de Douai, les deux entrepreneuses préparent une levée de fonds pour la fin d’année 2024.

« Nous allons commencer à préparer notre première levée de fonds à la fin de l’année 2024 afin de mobiliser 1,5 million d’euros en equity et en non-dilutif », déclare Rita Hadjioui, cofondatrice de Behav (contrôleur de gestion, ESC La Rochelle) aux côtés de Hind Benchaaboun (ingénieur Polytech Nice). Cette levée de fonds va permettre à la start-up, actuellement en phase de R&D, de passer à l’échelle préindustrielle, poursuivre ses recherches et servir ses premiers clients avec des produits fabriqués chez un partenaire industriel.

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Car Behav est parvenu à mettre au point trois prototypes présentant les propriétés du cuir, mais obtenus à partir de composants biosourcés, dont l'un d'entre eux a été retenu pour être amélioré. « Nous ne pouvons pas dévoiler en détail aujourd’hui notre process et les composants que nous mettons en œuvre. Mais ce que je peux dire, c’est que nous travaillons à partir des raquettes de figuiers de Barbarie collectées au Maroc, et que grâce à un procédé physico-chimique, nous sommes en mesure de fabriquer un matériau qui a les propriétés du cuir, mais seulement à partir de matières premières végétales », explique Rita Hadjioui.

Ressource abondante et bon marché

La ressource en raquettes de figuiers de Barbarie ne présente pas de difficulté d’approvisionnement. « Les cactus, souvent utilisés comme haies au Maroc, sont taillés et donnés comme aliment aux animaux ou ne sont pas du tout valorisés. Il s’agit donc d’une ressource abondante et accessible économiquement. Les raquettes sont nettoyées et débarrassées de leurs épines grâce au travail de coopératives féminines avec lesquelles nous collaborons, puis envoyées en France où nous fabriquons notre matériau », poursuit-elle. La maroquinerie, la confection et l’équipement automobile sont aujourd’hui en quête de matériaux alternatifs au cuir ou au similicuir, mais fabriqués avec un faible impact environnemental grâce à des composant et des process différents de ceux mis en œuvre aujourd’hui dans les tanneries traditionnelles.

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Les premières productions ont été réalisées au sein du laboratoire préindustriel de l’Institut Mines Télécom de Douai (Nord) où est incubée Behav. Il s’agit de rouleaux de 15 à 20 cm de largeur, de couleur brute oscillant entre le beige et le marron. Pour le lancement, Behav est en mesure de proposer du noir et du marron, et travaille actuellement pour mettre au point deux coloris plus claires, toujours à partir de pigments naturels.

« Notre débouché prioritaire est la maroquinerie pour les sacs à main et les chaussures, et à plus long terme les équipementiers qui fournissent l’industrie automobile », selon Rita Hadjioui, qui assure avoir déjà échangé avec une trentaine de marques de maroquinerie. A plus long terme, Behav envisage de se doter deux sites industriels, l’un en France et l’autre au Maroc, au plus près de sa source d’approvisionnement et non loin des équipementiers automobiles installés dans le pays.