Le groupe fromager Bel vient de créer une joint-venture en Iran avec le groupe local Sahar Dairy. La nouvelle entité baptisée Bel Sahar sera détenue à 70 % par Bel et 30 % par le groupe iranien qui apporte l’ensemble de son activité fromage et notamment la marque Rouzaneh. Cette dernière occuperait la place de numéro 2 sur son marché local. Bel devrait, en outre, annoncer une nouvelle acquisition d’ici la fin de l’année dans une autre région du monde.
Après une acquisition récente en Ukraine, Bel vient d’annoncer la création d’une joint-venture avec le groupe iranien Sahar Dairy. Ce dernier apporte l’ensemble de son activité fromages au sein de la structure baptisée Bel Sahar et contrôlée à 70 % par le groupe français. L’intérêt de Bel pour ce groupe vient notamment du fait qu’il possède la deuxième marque de « White Cheese », spécialité à tartiner la plus populaire en Iran, à savoir Rouzaneh. « Le marché du fromage est relativement banal dans ces régions mais l’intérêt réside dans notre position de premier entrant sur un marché qui représente 130 000 tonnes de consommation de fromages par an et 70 millions de consommateurs. En outre, le groupe Sahar Dairy détient l’une des trois principales marques de fromages du pays, les deux autres étant Peggah et Kalleh. Autre point, malgré des problèmes géopolitiques, le pays se structure : la preuve en est l’arrivée prochaine de Carrefour qui devrait installer trois hypermarchés », explique Guillaume Jouët, directeur de la communication. Par ailleurs, Sahar Dairy qui agit également dans le secteur des jus de fruits, des œufs, du beurre et du lait, gardera son activité de collecte de lait et fournira la joint-venture. Le groupe iranien possède une usine de 200 salariés qui devrait voir à terme sa capacité de production doubler. Bel compte également sur cette plate-forme de distribution et sur le potentiel de la marque Rouzaneh pour lancer prochainement ses marques phares que sont La Vache qui rit et Kiri sur le marché iranien.
Mélange de croissance externe et organique
Son entrée sur le marché iranien n’est pas la seule incursion du groupe français au Proche et Moyen-Orient. « Nous sommes très présents à travers nos marques en Arabie Saoudite, dans les pays du Golf, en Egypte », précise Guillaume Jouët. Le groupe possède également deux usines au Caire, en Turquie, au Maroc qui exporte les produits vers le Moyen-Orient. En 2005, le groupe avait également créé une société en Syrie sous le nom de Greenfield.
En dehors de cette région, Bel a également noué un partenariat avec le canadien Bergeron afin qu’il produise et commercialise les produits de la Vache qui rit. Récemment, il a repris à Danone la marque Gervais en République tchèque Cf Agra alimentation n°1967 du 22/03/2007 page 14. « Nous travaillons sur toutes sortes de formule, création d’une filiale, d’une joint-venture, d’un partenariat. L’arbitrage est fait en fonction du retour sur investissement, des capacités de s’appuyer sur une marque, etc. », souligne Guillaume Jouët. Le groupe aurait également en vue une nouvelle opération de croissance externe dans une autre région du monde qui devrait intervenir d’ici la fin de l’année.
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Au-delà de la croissance externe, Bel mise également sur sa croissance organique qui au premier trimestre 2007 a atteint 8 % et devrait s’élever entre 5 et 8 % sur l’ensemble de son exercice en cours. « Nous gardons encore un très fort gisement de croissance organique dans les pays où nous sommes présents. Et en France, nous sommes également dans une très belle dynamique », souligne Guillaume Jouët. Alors que sa marque Babybel serait, selon les panels Iri, la première marque en termes de chiffre d’affaires du rayon fromage des GMS, Bel mise principalement sur l’innovation pour conforter les positions de ses marques (la Vache qui rit, Kiri, Babybel, Leerdammer, Apéricube et Port Salut). 2 % de son chiffre d’affaires restent consacrés à son service recherche et développement. « L’innovation chez Bel passe par trois points : la création de nouveaux usages, le développement d’emballages innovants et par la création de nouvelles recettes », explique Catherine Thomas, directrice marketing de Bel.
En 2006, le groupe a enregistré un résultat net en progression de 10,4 %, à 79,4 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 1,777 milliard d’euros.