Le ministère de l’Économie s’engage à rouvrir les négociations commerciales, non plus en juin, mais « dès le mois de mai » pour répercuter la baisse des prix de gros. Les industriels s’opposent à « un calendrier imposé ».
La réouverture des contrats pourrait arriver plus tôt que prévu. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a affirmé, le 20 mars sur BFM TV, qu’il demanderait aux industriels et aux distributeurs de renégocier « dès le mois de mai », et non plus en juin comme annoncé dans un premier temps. « Tous les prix alimentaires de gros baissent sur les marchés. Je voudrais que, lorsque le prix du blé baisse, le lendemain le prix du paquet de pâtes baisse », a-t-il poursuivi.
Chez les industriels, l’annonce de la réouverture prochaine des négociations fait grincer des dents. « Je suis surprise de cette annonce alors que l’encre de la signature des contrats est à peine sèche, déclare la directrice générale de Lactel Anne Charlès-Pinault. Nous sommes responsables. Si les éléments conjoncturels viennent à bouger, nous saurons nous remettre autour de la table. Je ne crois pas que nous ayons besoin d’un calendrier imposé pour rouvrir les discussions. »
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Inenvisageable et superflu
Après le déclenchement de la guerre en Ukraine, qui a bouleversé les marchés mondiaux, le gouvernement avait poussé les fournisseurs et les distributeurs à renégocier leurs tarifs, au bénéfice des industriels qui voyaient leurs charges flamber. Les clauses de renégociation, prévues dans la loi Egalim 2 pour rouvrir les contrats en cas de forte variation des coûts, n’avaient pas été suffisamment bien formulées pour fonctionner. Les parties prenantes se sont mieux saisies de ce dispositif cette année.
Le président de la Coopération agricole, Dominique Chargé, rappelle également dans un communiqué que « la loi prévoit des clauses de révision dans les contrats si les marchés des matières premières agricoles fluctuent significativement ». Pour lui, « il n’est pas envisageable de rouvrir les négociations alors même qu’elles viennent de se terminer ». D’autant plus que les négociations annuelles n’ont pas donné satisfaction aux entreprises. Les coopératives estiment que seul un tiers de la hausse de leurs matières premières industrielles a été répercuté dans leurs tarifs. « Nous n’avons pas répercuté la totalité de nos hausses de coûts, notamment énergétiques et […] les besoins d’investissements sont gigantesques », confirme Jérôme Foucault, président de l’Adepale (privés), cité dans un communiqué. Il témoigne de « la pression extrêmement forte de la grande distribution ». L’engagement de Bercy apparaît, en effet, comme une contrepartie à la participation des distributeurs au dispositif de « trimestre anti-inflation », porté par le gouvernement. Côté amont, la FNPL assure déjà qu’elle « ne laissera pas passer » la réouverture des négociations. « Les produits de qualité ont un prix, notre travail à un prix », insiste son président Thierry Roquefeuil.