À l’issue de la diffusion d’un film sur la fondation de la Pac au ministère de l’agriculture, Lucien Bourgeois, longtemps responsable du service économique de l’APCA, faisait remarquer que cette politique était née à peu près à l’époque de la construction du mur de Berlin. Et c’est à peu près au moment où le mur de Berlin s’effondre, en 1989, que cette politique agricole commune commence à être sérieusement remise en cause avec les réformes qui suivront. Ce n’est évidemment pas le mur de Berlin qui est en cause mais un certain contexte, symbolisé par ce mur, donc par la guerre froide et le voisinage du bloc soviétique. Moralité, expliquait Lucien Bourgeois, il est plus facile de créer quelque chose « contre » un contexte, une réalité extérieure voire un ou des pays voisins, que « pour » un objectif ou un idéal interne.
Voilà peut-être toute la difficulté qu’ont les pays de l’UE à se mettre d’accord sur les lignes directrices d’une future politique agricole. De stratégique, le débat est devenu idéologique. Les libéraux d’une part, les régulateurs de l’autre, pour schématiser. Et pourtant, n’est-il pas évident que nous sommes dans un contexte où une Pac « contre » se justifie pleinement : contre les futures tensions alimentaires à l’heure où il faudra nourrir neuf milliards de personnes sur la planète ; contre les effets du réchauffement climatique ; contre l’impact d’une certaine hégémonie agro-économique que les États Unis voudraient conserver ; contre la concurrence de pays qui nous exportent des produits sans respecter les mêmes normes sanitaires ou sociales. Ce n’est pas la guerre, c’est la concurrence. Une concurrence qui peut parfois détruire, pas de la même manière, mais de façon plus durable : des emplois, notamment.

 

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