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Bernard Farges : « Le développement des vins sans IG ne se décrète pas »

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Interrogé par Agra Presse le 15 mai, le lendemain d'une discussion au conseil spécialisé de FranceAgriMer sur les orientations stratégiques que veut la filière viticole, Bernard Farges, président de la Confédération des appellations viticoles (Cnaoc), a tenu à souligner que le développement des vins sans indications géographiques, bien que réunissant un consensus, « ne se décrète pas ».

AU moment où la filière viticole s'exprime, tant par la voix des coopératives que par celle des négociants, sur l'avenir qu'elle compte se construire, le président de la Cnaoc rappelle, en l'expliquant, que le développement des vins sans indications géographiques (VSIG) « ne se décrète pas à partir d'une instance, nationale ou régionale, mais à partir du marché ». « Ce sont les négociants et les producteurs qui le feront. Les vins sans IG se développeront si les opérateurs y trouvent un intérêt commercial ».

« Si 80% de la production sont sous AOC, c'est parce que les professionnels l'ont décidé »

Cette affirmation posée, Bernard Farges l'explicite, évoquant l'histoire récente : « Si en France 80% de la production de vin sont sous AOC, c'est parce que les viticulteurs et les négociants l'ont décidé. Ce sont eux qui ont réduit la production de vins de table pour relever la qualité ».

En outre, développer un vignoble de VSIG viable suppose la mise en place d'une contractualisation pluriannuelle. « Les vignerons n'investiront pas s'ils n'ont pas l'assurance du débouché ». Un mécanisme de contractualisation existe à l'Anivins, l'Association nationale interprofessionnelle des vins de France, ajoute le président de la Cnaoc. Ce mécanisme a été constitué en 2008, pour démarrage en 2009. Mais l'exemple de la valorisation médiocre des vins à bas prix en Espagne n'a pas encouragé la mise en route du mécanisme. Puis les petites vendanges de 2012 et de 2013 ont asséché l'offre, les déclassements ayant été insignifiants.

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Réagissant aux propos de Michel Chapoutier, président de l'UMVin, en conférence de presse le 13 mai, la fédération du négoce, selon lequel la responsabilité du recul des parts de marché du vin français dans le monde incombe à la politique malthusienne des producteurs d'appellation, Bernard Farges les a estimés « caricaturaux ». Rien de tel lors du conseil spécialisé de FranceAgriMer qui s'est tenu le 14 mai, où toutes les familles professionnelles de la filière ont discuté du plan stratégique qui sera présenté le 3 juin au ministre de l'Agriculture, a-t-il fait observer.

Enfin, « si nous émettons des réticences face au développement d'un vignoble de vins sans IG, c'est parce que l'étanchéité entre les vins de table et les vins d'appellations n'est pas garantie, alors que nous sommes très vigilants sur ce point », a-t-il insisté.