Dans un article publié le 26 mai, des associations de protection de l’environnement et les acteurs de la bio estiment que leur projet de recherche sur les alternatives aux néonicotinoïdes (PNRI) a été rejeté « sans explications ni raisons sérieuses ». Une affirmation démentie par Christian Huygue, président du comité de coordination technique du PNRI.
Avec ce projet estimé à 330 000 euros, l’Itab et la Fnab espéraient comparer précisément les performances économiques et techniques de la betterave biologique par rapport au conventionnel. Un sujet sur lequel « nous n’avons pas encore de données quantitatives », a indiqué à Reporterre Caroline Faraldo, responsable agriculture et alimentation à la Fondation Nicolas Hulot, citée dans l’article publié le 26 mai. Pourtant, selon ses architectes, le projet s’est vu mettre de côté sans « raisons sérieuses » par le comité de coordination du projet de recherche sur les alternatives aux néonicotinoïdes (PNRI).
Doté de 7 millions d’euros, cet appel à recherche vise à identifier des alternatives rapides aux molécules décriées dans le cadre du plan de relance. Comme il l’a fait pour d’autres acteurs, le comité de coordination du PNRI aurait proposé à l’Itab et la Fnab de fusionner avec d’autres dossiers, sans succès. Un projet bio « indépendant, spécifiquement axé sur la production de betterave en bio est nécessaire dans le contexte actuel », a également insisté Sabine Bonnot, administratrice à l’Itab, auprès de Reporterre.
Le PNRI « reste ouvert »
Au sein du comité de coordination, l’article a dérangé, et on regrette que le dossier bio soit devenu « politique ». Mais on confirme que la méthode de sélection a été transparente. « Tous les projets examinés ont été informés des suites réservées à leur dossier, y compris en leur suggérant parfois des inflexions », souligne Christian Huygue, président du comité de coordination du PNRI, et directeur scientifique d’Inrae. Le projet bio, souligne-t-il, n’est pas le seul à avoir été écarté, puisque seuls 21 dossiers sur les 56 reçus ont été sélectionnés.
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« S’agissant de l’agriculture biologique, les fermes pilotes du PNRI comptent 69 hectares en "bio" sur 481 ha », illustre Christian Huygue, rappelant que seuls 0,5 % des champs de betteraves sont actuellement en bio. Quatre projets sur la vingtaine sélectionnés feraient par ailleurs spécifiquement référence à l’agriculture biologique.
Le PNRI, indique Christian Huygue « reste ouvert à l’examen de tout projet permettant de dégager une alternative opérationnelle à l’horizon de 2024 ». Alors que le dossier porté par l’Itab et la FNAB couvre trois des quatre axes de recherches de l’appel à projet, le projet bio pourrait peut-être espérer revenir dans la course en ajoutant un dernier volet sur le cœur des financements : « l’identification et la démonstration de solutions à l’échelle de la culture ».