À partir de 2025, la coopérative La Fabrique à sucres produira le premier sucre bio complet (non raffiné) à partir de betteraves dans sa micro-sucrerie d’Escaudœuvres (Nord), a déclaré Sébastien Lemoine, agriculteur et président de la coopérative à Agra Presse le 25 octobre. « Le sucre de betterave n’est pas naturellement blanc. Dans un système conventionnel, il est précipité dans de la chaux, puis purifié », souligne M. Lemoine. Soutenu par l’association Bio en Hauts-de-France, le projet a rassemblé ces huit dernières années producteurs, distributeurs et transformateurs, aboutissant à la création de La Fabrique à sucres en 2022. Dans cette dernière, le process sera entièrement mécanique, avec une consommation en énergie divisée par deux par rapport aux sucreries conventionnelles.
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Afin d’être « 100 % autonome en eau », les betteraves seront par ailleurs lavées avec l’eau d’évaporation. « Dans nos contrats (avec les producteurs, NDLR), il y aura également une interdiction d’irriguer pour augmenter les rendements, seulement pour faire lever les betteraves », précise M. Lemoine. En tout, la micro-sucrerie prévoit d’écraser 400 ha de betteraves pour produire 2500 tonnes de sucre par an. Quant à la fourniture de la matière première, le président de la coopérative n’a pour l’heure pas d’inquiétudes : « Nous allons acheter les betteraves plus chères, aux alentours de 110 €/t », indique-t-il tablant sur une filière « équitable ». La coopérative vise à la fois les consommateurs finaux (25 % des volumes) et les entreprises du secteur (75 %). D’ores et déjà, les industriels se sont montrés intéressés par ce sucre complet bio et local, alors qu’ils se fournissent actuellement en sucre de canne en provenance d’Amérique latine.