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Présidence de l’UE Bien-être animal et climat, priorités de la présidence suédoise de l’UE

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Traditionnel défenseur de la condition animale, la Suède compte bien, durant sa présidence tournante de l’UE qui a débuté le 1er juillet, faire du bien-être des animaux un sujet prioritaire. Tout comme la question du changement climatique qui, dans la perspective de la grande négociation sur l’après-Kyoto prévue à Copenhague en décembre, devrait dominer l’agenda des six prochains mois. Y compris celui des ministres de l’agriculture qui y consacreront leur traditionnelle réunion informelle, mi-septembre.

Contrairement aux présidences tchèque et française, la Suède ne compte pas faire de la réflexion sur l’avenir de la politique agricole commune la priorité des travaux des ministres européens de l’agriculture durant les six prochains mois. Tout au plus, la présidence suédoise a l’intention « d’élargir le débat » en organisant, à l’automne, un débat général sur l’avenir de la politique de développement rural et sur le réchauffement, bien loin de l’idée de régulation promue par la présidence française en 2008 ou même de la question de l’avenir des aides directes évoquée par la République tchèque durant la première moitié de l’année.

Transport des animaux et étiquetage
Stockholm veut plutôt mettre l’accent sur le bien-être des animaux et sur la lutte contre le changement climatique. Selon la Suède, il en va de l’intérêt des éleveurs eux-mêmes de prendre mieux en compte le bien-être de leurs bêtes afin de renforcer la sécurité sanitaire des élevages. La présidence va donc organiser, les 8 et 9 octobre prochains, une conférence sur ce thème, à Uppsala (Suède). Le dossier des normes d’abattage, bouclé sous présidence tchèque, ne sera plus sur la table des discussions. Mais les règles d’étiquetage et de transport devraient permettre à cette présidence de relancer le débat.
La Commission européenne envisage en effet de profiter d’un allié sensible à ce problème pour faire des propositions en suspens depuis plusieurs mois. L’exécutif européen devrait remettre sur la table le dossier controversé des conditions de transport des animaux en Europe, l’un des plus ancien chevaux de bataille des ONG militant pour la protection des animaux. Bruxelles devrait suggérer de réduire le temps de transport ainsi que la densité de chargement des camions.

L’agriculture impliquée dans la négociation de l’après-Kyoto
Par ailleurs, les négociations de Copenhague sur le changement climatique, fin décembre, faisant de l’environnement le point fort de cette présidence, le ministre suédois de l’agriculture, Eskil Erlandsson, a choisi d’impliquer ses homologues européens dans ce débat car, « le changement climatique affecte avant tout les agriculteurs frappés par les déluges et les sécheresses (…), les nouvelles maladies animales et les parasites émergents du fait du réchauffement ». Il le fera donc dès le début des travaux du Conseil agricole en juillet, en invitant la Commission européenne à présenter sa communication sur l’impact du changement climatique pour l’agriculture du 13 au 15 septembre, à l’occasion de la traditionnelle rencontre informelle des ministres de l’agriculture. Celle-ci aura lieu dans l’une des plus importantes régions agricoles du pays, à Växjö, sur le thème « agriculture et environnement ». Enfin, une conférence sur « une alimentation adaptée aux changements climatiques » sera organisée par la présidence à Lund, les 23 et 24 novembre.

Crise du lait et clonage
A la demande des chefs d’Etat et de gouvernement lors du Conseil européen de juin, la Commission devrait présenter à la fin de l’été son rapport sur la violente crise que traverse actuellement le marché du lait. Les ministres européens de l’agriculture devraient donc se pencher sur ce document assorti éventuellement de propositions . En fonction de l’urgence de la situation, la Suède se réserve la possibilité de convoquer un Conseil agricole exceptionnel début septembre sur ce thème.

Enfin, la présidence devrait poursuivre les discussions sur le suivi des prix des denrées alimentaires et la répartition des marges au sein de la chaîne alimentaire. La Commission devrait présenter, en décembre, un nouveau rapport sur le sujet, pointant du doigt quelques mesures à même d’améliorer la transparence dans ce secteur. De même, les négociations devraient se poursuivre, en deuxième lecture, sur le futur règlement sur les futurs aliments et l’épineuse question qui l’accompagne, celle du clonage des animaux de ferme. Stockholm espère parvenir à un accord dès l’automne. En ce qui concerne le projet relatif à l’information des consommateurs et à l’étiquetage des denrées alimentaires, la présidence devrait se contenter d’une approche générale, étant donné le calendrier parlementaire. Les travaux sur le dossier ne reprendront pas à Strasbourg avant l’automne.

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