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Bien-être animal : l’Efsa recommande plus d’espace pour les dindes

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Malgré les tergiversations de la Commission européenne, l’Autorité de sécurité des aliments poursuit la publication de ses recommandations sur le bien-être des animaux d’élevage. Dernier avis en date : celui sur les dindes.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) recommande, dans un avis sur le bien-être des dindes en élevage publié le 3 février, d’augmenter l’espace disponible pour ces animaux, de proposer des enrichissements environnementaux, d’imposer des normes minimales sur la qualité de l’air ou encore d’éliminer progressivement les mutilations (épointage du bec…). Il s’agit du premier avis scientifique publié sur le bien-être des dindes d’élevage, sachant qu’il n’existe actuellement aucune législation européenne spécifique encadrant leurs conditions d’élevage. Elles sont, en effet, soumises aux dispositions générales relatives au bien-être animal.

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Les principaux facteurs augmentant le risque de mauvaise santé chez les dindes sont, selon l’Efsa, la surpopulation, les mutilations, la litière humide, le manque d’enrichissement environnemental, la mauvaise qualité de l’air, les températures trop basses ou trop élevées, un ratio entre le nombre de poules et le nombre de nids trop élevé, ou encore la privation d’eau et de nourriture. Avec pour conséquences : boiteries, dermatite des coussinets plantaires, blessures dues au picage et besoins comportementaux non satisfaits.

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Espace, mutilations et génétique

Pour y remédier, l’agence européenne propose un nombre de solutions. Concernant l’espace disponible, elle estime que « les dindes ont besoin d’au moins 0,49 m² pour les oiseaux de 7 kg et 0,82 m² pour ceux de 25 kg », bien supérieur à ce qui est actuellement prévu dans les États membres. L’Efsa recommande aussi de proposer des enrichissements environnementaux, notamment des plateformes surélevées ainsi que des bottes de paille et des vérandas couvertes dans les bâtiments. Il est également proposé de maintenir une litière sèche (taux d’humidité inférieur à 35-40 %), les taux d’ammoniac et de dioxyde de carbone au-dessous de certaines limites, et de prévoir au minimum un nid pour quatre poules dans les élevages de dindes reproductrices. Autres suggestions : éviter de priver les dindonneaux d’eau et de nourriture pendant plus de 48 heures et éliminer progressivement les mutilations (épointage du bec, ablation de la crête, parage des orteils). Enfin, l’Efsa estime qu’en matière de sélection génétique, il serait préférable de privilégier le bien-être animal à la prise de poids rapide.

Suite au report des propositions attendues fin 2023, la révision de la législation européenne sur le bien-être des animaux d’élevage se fait attendre. La Commission européenne s’était engagée à présenter cette révision d’ici fin 2026, mais celle-ci ne figure finalement pas à l’agenda de travail de Bruxelles pour 2026. Le commissaire européen en charge du dossier, Oliver Varhelyi entretient le flou sur la date de présentation tout en assurant que ses services préparent des propositions en la matière.