84 % des Européens estiment que le bien-être des animaux d’élevage devrait être mieux protégé qu’il ne l’est actuellement et 83 % souhaitent que la durée du transport des animaux soit limitée, selon un récent Eurobaromètre. La Commission européenne ne répondra qu’au second point, avec une proposition législative attendue le 6 décembre.
Alors que la Commission européenne a renoncé à présenter sa révision de la législation sur le bien-être animal, se contentant de soumettre (probablement le 6 décembre) une proposition sur le transport des animaux, elle a quand même publié le 19 octobre – avec un peu de retard – les résultats d’un Eurobaromètre sur le sujet montrant que 84 % des Européens estiment que le bien-être des animaux d’élevage devrait être mieux protégé qu’il ne l’est actuellement. D’après ce sondage mené au mois de mars 2023 auprès de 26 376 répondants issus des 27 États membres de l’UE, 83 % des Européens souhaitent aussi que la durée du transport des animaux soit limitée.
Trois quarts des personnes interrogées ont jugé qu’il était inacceptable de tuer les poussins mâles à la naissance, et une part similaire se prononce en faveur de l’interdiction de couper certaines parties du corps des animaux (queue, oreilles, bec, etc.), sauf en cas de stricte nécessité et sous anesthésie. Enfin, 60 % des répondants seraient disposés à payer plus cher pour avoir des produits issus de systèmes d’élevage respectueux du bien-être des animaux et environ 26 % se disent prêts à payer jusqu’à 5 % de plus pour cela. En ce qui concerne l’élevage d’animaux à fourrure, 57 % estiment qu’il devrait être strictement interdit dans l’UE, tandis que près d’un tiers (32 %) qu’il ne devrait être maintenu que si le bien-être est amélioré.
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Citoyens et consommateurs
Pour les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) il est frappant de constater que seulement 6 % des Européens ont des contacts réguliers avec des animaux de ferme, ce qui signifie que la plupart des Européens fondent leurs perceptions sur ce qu’ils entendent sur le sujet dans différentes sources médiatiques, et non sur une expérience directe. « Citoyen et consommateur sont bien souvent deux personnes différentes, et pour l’heure, de nombreux produits offrant une prime en termes de pratiques d’élevage ont du mal à trouver une part de marché », ajoute le Copa-Cogeca.
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Mais pour les organisateurs de l’initiative citoyenne européenne demandant l’interdiction des cages pour les animaux d’élevage dans l’UE – à laquelle la Commission européenne avait répondu positivement s’engageant même à les éliminer progressivement à partir de 2027 –, cet Eurobaromètre est un nouveau signal que l’UE doit agir pour améliorer le bien-être des animaux d’élevage. Ils envisagent de lancer les premières mesures en vue d’une action en justice l’inaction de la Commission.