Les distilleries vinicoles comptent mettre en œuvre en 2015 la production d'adhésifs et de charbon végétal à base de coproduits viticoles comme le marc de raisin, a indiqué l'Union nationale des distilleries vinicoles (UNDV) le 30 janvier. Ces deux innovations font partie du programme de recherche-développement « depuis plusieurs années ».
L'industrie de transformation des coproduits viticoles, qui représente 50 entreprises, privées comme coopératives, compte bien poursuivre sa diversification. Les distilleries vinicoles génèrent de la valeur ajoutée à partir d'environ 850 000 tonnes de marcs de raisins et 1,4 million d'hectolitres de lies de vin, qu'elles transforment en engrais organiques normés, en conservateurs alimentaires naturels pour les boulangers ou en huiles de pépins de raisins, sans compter de nombreux produits pour la cosmétique et la pharmacie. Elles estiment maintenant être prêtes pour le développement de la production d'une substance appelée Vititan, qui est un mélange complexe de tanins provenant de marc de raisins (essentiellement des pulpes).
Ce produit a déjà été répertorié par l'Agrobiobase, la base de données des bioproduits. Le Vititan trouve des applications en tant que colle complète structurante de panneaux de particules, de fibres pour isolants, au niveau intermédiaire des panneaux de contreplaqué, en complément de colles synthétiques (20 %) et en antioxydant dans les matériaux, tels les bitumes, précise l'UNDV.
Une nouvelle valorisation en perspective
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L'autre innovation proche du développement est celle de la transformation des marcs de raisin en charbon végétal, le biochar Vitichar, produit à partir de pulpes de raisins issues de marcs distillés. Le terme « biochar » est la contraction du préfixe bio et du mot « charcoal », qui signifie « charbon de bois ». Il s'agit d'un charbon à usage agricole qui permet de retenir l'eau dans les parcelles de vigne lorsqu'elle est en excès et de la restituer en conditions sèches. L'intérêt de ce charbon végétal est qu'il devait également restituer les éléments minéraux N, P, K qu'il a captés. Les dernières expérimentations sont en cours cette année, selon l'UNDV. Ces expérimentations consistent à faire subir un traitement de pyrolyse (décomposition thermique de matières organiques en l'absence d'oxygène) à de la pulpe de raisin, qui lui confère une propriété de rétention d'eau. Puis la pulpe ainsi traitée est mélangée à du marc distillé. La pulpe absorbe les nutriments du marc. « Il reste à valider le comportement de la pulpe traitée à la pyrolyse utilisée comme épandage fertilisant en mélange avec des marcs, pour vérifier qu'il en restitue bien les nutriments », a précisé Claire Douence, directrice de l'UNDV.
« Les marcs de raisin avaient jusque là trois valorisations possibles : comme aliment du bétail, comme engrais organique et aussi comme combustible dans les chaudières. Ils en auront bientôt une quatrième », comme absorbant des nutriments fertilisants et de l'eau, pour les restituer ensuite, a commenté Claire Douence.