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Bientôt un « caoutchouc » à partir de peaux de tomates ?

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Matériau hydrophobe et élastique créé à partir de peau de tomates Crédits : © inrae

  Des chercheurs au sein de l’unité INRAE Biopolymères Interactions Assemblage (BIA) à Nantes, se sont penchés sur la valorisation des peaux de tomates pour en faire des polyesters hydrophobes assez proches des élastomères synthétiques.

Partant du constat que 1,5 million de tonnes de déchets de tomates sont produits chaque année lors de la transformation industrielle, des chercheurs d’Inrae s’intéressent aux débouchés possibles de cette source potentielle de molécules originales. Bénédicte Bakan, directrice de recherche au sein de l’unité INRAE Biopolymères Interactions Assemblage (BIA), à Nantes et son équipe, travaillent sur la structure de la peau des plantes, la cuticule, et notamment celle des tomates, à la fois « hydrophobe, et extensible », explique-t-elle. La cuticule qui recouvre la surface de tous les végétaux remplit plusieurs fonctions telles que la résistance à la déshydratation et l’adaptation aux stress climatiques et biologiques. Elle est composée d’un polyester, la cutine, de cires et de polysaccharides.

Développer de nouvelles fonctionnalités

L'objectif scientifique global de l'unité BIA est de mieux comprendre les phases de construction et de déconstruction des assemblages de biopolymères (protéines, polysaccharides) et biomolécules (lipides, composés phénoliques) dans les organes végétaux, pour développer de nouvelles fonctionnalités à travers leurs transformations (mousses liquides, solides alvéolaires, émulsions, gels, films, particules...) alimentaires ou non alimentaires, dans un contexte de durabilité.

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« Nos recherches portent notamment sur la valorisation de la peau de tomate, dont on sait extraire les lipides pour en faire des polyesters hydrophobes assez proches des élastomères synthétiques. Un caoutchouc à base de peau de tomates qui pourrait devenir un produit à haute valeur ajoutée », explique encore Bénédicte Bakan. Ce nouveau matériau pourrait notamment trouver des débouchés dans l’agroalimentaire. « Le dépôt d’un brevet est en cours de maturation et des discussions ont été engagée avec un industriel des polymères ».