La DGCCRF a enfin rendu son avis : Bigard acquiert Socopa, mais doit céder cinq usines car sa position est jugée dominante sur les produits élaborés dans l’est et le nord de la France. Les salariés de Vitry-le-François commencent à se mobiliser, ayant notamment peur de perdre leurs avantages sociaux.
Après avoir repoussé son avis à trois reprises, la DGCCRF a confirmé le 17 février sa décision favorable au rapprochement des groupes Bigard et Socopa. Socopa viandes deviendra la principale filiale du groupe Bigard, qu’il détiendra à hauteur de 60 % du capital tandis que les coopératives actionnaires de Socopa en détiendront 34 %. Bigard a annoncé dans un communiqué que cette société sera opérationnelle le 1 er mars prochain à côté des structures Bigard et Charal. « L’organisation générale du nouveau groupe Bigard sera mise en place avant la fin du premier semestre avec pour première ambition de fédérer toutes les synergies humaines, commerciales et industrielles autour du développement de ses marques dans l’abattage et la transformation des viandes de bœuf, de porc, de veau et d’agneau sur l’ensemble du territoire français », précise le communiqué. Le nouvel ensemble devait représenter un chiffre d’affaires de près de cinq milliards d’euros, avec 17 000 salariés et une production de près d’un million de tonnes de viande. Mais le groupe va être obligé de céder quelques usines.
Se désengager de cinq usines
En effet, la DGCCRF demande à Bigard de se désengager de cinq usines, estimant qu’il a une position dominante sur les produits élaborés dans l’est et le nord de la France. Bigard doit céder dans les six mois son usine de Vitry-le-François dans la Marne, ainsi que celle de Nœux-les-Mines dans le Pas-de-Calais. Bigard s’est engagé à maintenir l’activité de ces établissements jusqu’à leur cession. « Nous avons des échos selon lesquels la SVA de Vitré et Terrena seraient intéressés par ces sites », nous indique Pascal Souzy, secrétaire fédéral chargé de la filière viande de la FGA-CFDT. Socopa, lui, devra se détacher de Mirécourt et d’Eloyes dans les Vosges ainsi que de Verdun dans la Meuse. « Au départ, Bigard avait proposé à la DGCCRF de se séparer de plus petits sites, ce qui a été refusé », précise Pascal Souzy. La FGA-CFDT s’est dite très surprise de la décision de la DGCCRF, car selon le syndicat, dans les autres pays d’Europe, les industriels de la viande ont des tailles plus importantes. « Y aurait-il eu des pressions de la grande distribution, des concurrents ou des groupements d’éleveurs ? » s’interroge la FGA-CFDT dans un communiqué.
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Des salariés très remontés
La plupart des employés de l’usine de Vitry-le-François ont débrayé le 20 février pour contester la cession du site. D’autres actions auront sans doute lieu prochainement. « Les salariés sont très remontés. Ils subissent les conséquences de la reprise par Bigard d’une entreprise, Socopa, qui perd des millions ! Ils ont peur de voir disparaître les nombreux avantages sociaux dont ils bénéficiaient, notamment des salaires de 20 % à 30 % plus élevés que ceux de la convention collective nationale de l’industrie agroalimentaire », s’indigne Pascal Souzy.