Négociations discrètes entre les Etats membres, tentatives tout aussi discrètes de rapprochement entre la position que pourrait adopter le Conseil des ministres des Vingt-sept et celle de la commission de l’agriculture du Parlement européen – que la présidence française de l’UE traite comme si l’Assemblée était co-législateur – ouvertures prudentes de la Commission de Bruxelles, qui garde le pouvoir de proposition : le grand jeu a commencé pour tenter de parvenir dans un mois, avec la bénédiction des députés, à un accord politique sur le bilan de santé de la Pac. Dans ce but, Michel Barnier a choisi d’organiser de nouveau, pour la session ministérielle de fin octobre à Luxembourg, des rencontres « trilatérales » avec chacun de ses homologues et la commissaire européenne Mariann Fischer Boel. Le président en exercice avait annoncé le mois dernier son intention de parvenir lors de cette réunion à une « approche globale ». Il finalement renoncé à cette option, qui l’aurait obligé à soumettre une premier document de compromis global que ses partenaires – et les lobbies – auraient ensuite eu tout le temps de démantibuler d’ici fin novembre. Le secret des « confessionnaux » du Grand-Duché permettra à chaque ministre de dévoiler ses lignes rouges sur les sujets politiquement les plus délicats : découplage des aides directes, modulation obligatoire, règles de l’intervention, article 68 et quotas laitiers. Puis il restera à la présidence et à la Commission européenne à s’entendre pour trouver la solution. Sous l’œil vigilant des parlementaires.
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